L comme Lecé, moulin à Chouzé-sur-Loire

Article de Monique GROUSSIN, trésorier et membre du Centre Généalogique de Touraine

Les Pelouses et Lecé sont les survivants des huit moulins à vent établis sur le territoire de la commune de Chouzé-sur-Loire (sept caviers et un moulin tour dont les vestiges ont disparu, près du moulin de Lecé).
Tous les caviers voisins (Rassay, les Pelouses et Lecé) ont un point commun : ils illustrent par leur forme de base les moulins-maisons, typiques du Saumurois et du Chinonais, parfaitement élaborés, qui ont fait de ceux-ci à la fois un bel outil de travail et une habitation harmonieuse que, seuls, ces moulins à vent à structure si particulière pouvaient offrir. Les autres  caviers sont construits ailleurs, semi-troglodytiques ou au sol, avec le domicile du meunier à l’extérieur.

Dans la campagne au lieu-dit « Chuche », le moulin-cavier construit vers 1820 émerge sur une petite éminence. La base du moulin est faite de tuffeau blanc de pays et forme une cave voûtée, de forme rectangulaire ; la tour (massereau) est excentrée par rapport à la masse formant terrasse herbacée, ce qui a permis au constructeur de l’époque d’obtenir de plus grandes salles sous celle-ci. Sur le côté, l’étroitesse de la terrasse n’aurait pas permis la manœuvre tournante de l’échelle, ni l’entoilage des ailes ; on y a suppléé grâce à un balcon en bois, disparu, mais dont les corbeaux en pierres sont toujours visibles.

Le moulin possède, à l’intérieur, une partie de ses mécanismes de broyage et a fonctionné jusqu’en 1914.

Les ailes ont été enlevées vers 1920 ; la hucherolle menaçant ruine a été démontée vers 1980.

Photo vers 1975 de Jean-Pierre RECOURSÉ
acquéreur du moulin après le décès de Désirée ROUER

Au moulin de Lecé il faut, paraît-il, se méfier du vent de « sud-ouest » : le vent venant de Montsoreau est redoutable.

Photo Jean-Pierre RECOURSÉ  1979

Le moulin est inscrit à l’inventaire des Monuments historiques par arrêté du 16 mars 1976.


LA FAMILLE BECHEREAU

Jean BECHEREAU est né selon le calendrier républicain le jour du « noisetier » le 27 pluviôse an VIII (dimanche 16 février 1800) à Chouzé-sur-Loire (Indre-et-Loire), Il est le fils de René BECHEREAU et Marie DAVID. Il exerce la profession de meunier.
Il épouse à Chouzé-sur Loire, le 16 juin 1824, Anne SAMSON née selon le calendrier républicain le jour du « peuplier » le 9 pluviôse an XII (lundi 30 janvier 1804) à Brain-sur-Allonnes (Maine-et-Loire). Elle est la fille du meunier René SANSON, né en 1773 à Varennes-sur-Loire, et de la meunière Anne DENIAU née à Brain-sur-Allonnes en 1775.

Leur premier fils, Jean BECHEREAU, naît le 16 octobre 1824 à Chouzé-sur-Loire. Il exerce aussi la profession de meunier et épouse le 27 octobre 1847, à Varenne-sur-Loire (Maine-et-Loire), Marguerite HERSARD née le 25 avril 1825 à Varenne-sur-Loire, fille de Joseph HERSARD et de Jeanne Étiennette BIEMONT.

Leur fils Jean Léon BECHEREAU naît le dimanche 19 mars 1848 à Varenne-sur-Loire (Maine-et-Loire). Meunier au moulin de Lecé, il épouse le 24 novembre 1873 Marie Jeanne MONTARNAULT, née le 5 février 1846 à Chouzé, fille d’Urbain MONTARNAULT et de Jeanne THIBAULT.

Leur fils Léon Jean BECHEREAU naît le jeudi 13 décembre 1877 au moulin de Lecé. Meunier au moulin de Lecé, il épouse le 25 novembre 1908, à Chouzé, Désirée ROUER née le 9 juin 1882 à Saint-Nicolas-de-Bourgueil, fille de Pierre ROUER et de Julie MABILLEAU.
Mobilisé le 6 août 1914 au 70ème Régiment d’Infanterie Territoriale, Léon Jean est tué au combat par un obus ennemi à 6 heures du matin le dimanche 26 mars 1916 à Montzéville (Meuse). Il est déclaré « Mort pour la France » : il a 38 ans.
Son épouse Désirée ROUER retournera vivre chez ses parents à la Mineraie à Saint-Nicolas-de-Bourgueil, où elle décèdera 54 ans après son époux le 20 février 1970.

Le Moulin de Lecé sera abandonné.


BECHEREAU Léon Jean

Né le jeudi 13 décembre 1877 à Chouzé-sur-Loire moulin de Lecé (37), meunier. Fils de Jean Léon BECHEREAU, meunier, et de Marie Jeanne MONTARNAULT.
Il épouse le 25 novembre 1908, à Saint-Nicolas-de-Bourgueil, Désirée ROUER.

Arrivé au corps soldat du 131ème Régiment d’Infanterie le 16 novembre 1898, soldat de 2ème classe matricule 8148. Mis en disponibilité le 20 septembre 1899, fils unique de veuve. Certificat de bonne conduite accordé.
Il est identifié comme mesurant 1 m 65, avec les cheveux et sourcils châtains et les yeux gris roux, le front ordinaire,  le nez moyen, la bouche moyenne, le menton rond et le visage rond. Son degré d’instruction est relevé de niveau 3.
Il a accompli une première période d’exercice en août-septembre 1904 au 66ème Régiment d’Infanterie et une seconde période en août-septembre 1907.
Rappelé à l’activité par le décret de mobilisation du 1er août 1914, il arrive au corps le 6 août 1914 au 70ème Régiment Territorial d’Infanterie 2ème Compagnie – n° matricule 1914.

Il est déclaré MORT POUR LA FRANCE le dimanche 26 mars 1916 à 6 heures du matin à Montzéville (Meuse), tué sur le coup par obus ennemi, inhumé à Montréville.

Acte de décès transcrit le 30 novembre 1916 à Chouzé-sur-Loire

Sources :
– AD37, base de données CGDT
– « Les Moulins de Touraine » de G-H. Penet

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hoinard jean pierre
hoinard jean pierre
7 mois plus tôt

Bonjour Je me regale de vous lire tous les jours Tres instructif Merci JP