Q comme Qu’est devenu le Prieuré de Bois-Rahier ?

L’Ordre de Grandmont

Nous connaissons cette fondation depuis le XIIème siècle, la plus importante que les moines limousins de l’Ordre de Grandmont aient réalisée en Touraine : un prieuré fut construit dans le bois Rahier, au nord de l’emplacement actuel du Lycée Grandmont. La communauté des moines de Grandmont s’y installa et la fondation fut confirmée en 1190 par Richard Coeur de Lion.

Au XVème siècle, l’Ordre de Grandmont possédait plus d’une centaine de maisons et de monastères.
Le prieuré de Bois-Rahier appartenait à l’ancienne observance et il avait été, au Moyen-Âge, l’une des principales maisons de l’Ordre. Mais, dès le XVIème siècle, il avait fallu porter remède à un certain relâchement : les bâtiments étaient désormais trop vastes. Ce monastère qui, dans la première moitié du XVIIème siècle, était habité par 6 religieux avec 3 domestiques, n’avait plus que 3 religieux en 1768.

Des travaux eurent lieu à partir de 1745 et, en 1753, commença la construction du nouveau pont sur le Cher. Les coupures faites dans le prieuré par les nouvelles routes accélérèrent la décadence du domaine : perte d’arpents de terre, dommages sur les vignes, destruction de murs et haies. Si le domaine était en mauvais état et menacé dans sa tranquillité par la nouvelle route d’Espagne, il n’en restait pas moins fort bien situé puisque la nouvelle « levée de Grandmont » permettait l’accès en droite ligne vers Tours.

En 1767 le domaine tenta l’intendant Du CLUZEL mais, en 1769, il fut réservé pour l’Archevêché et les religieux de Bois-Rahier se soumirent à l’archevêque de Toulouse. Le démantèlement des couvents du royaume commença dès la fin du règne de Louis XV et l’impôt versé au profit du roi ruina l’ordre monastique.

En 1779, Louis XVI signa les « lettres patentes transmissives des propriétés du prieur de Bois-Rahier à l’Archevêque de Tours ». L’ordre de Grandmont fut détruit et l’extinction prononcée en 1784 : il disparut en 1787.

Le nouveau Grandmont de Mgr de CONZIÉ

Le successeur de Mgr de FLEURY décida de tout raser.

François-Joachim MAMERT de CONZIÉ fut le dernier archevêque de Tours avant la Révolution. Prélat très répandu dans les salons parisiens, il devint dès 1774 un familier de la Cour de Chanteloup et ses revenus lui permirent d’être généreux et fastueux, et de beaucoup construire. Il transforma donc Grandmont à la dernière mode du temps de Louis XVI (aménagement des jardins et du parc en 1787 avec fleurs, arbustes et arbres venant en majorité des pépinières de Chanteloup).
De 1788 à 1790, la construction du château se poursuivit sans arriver au complet achèvement, pour cause de Révolution !
La disparition de l’ancien Prieuré, son remplacement par un château Louis XVI inachevé mais entouré d’un beau parc, telle fut à Grandmont l’œuvre de Mgr de CONZIÉ.

L’adjudication définitive de la vente de Grandmont en un seul lot eut lieu le 15 avril 1791, au profit du sieur Lauren-Vincent LECOULTEUX, négociant à Paris, puissamment riche, banquier bien assis sur la place de Paris. Il ajouta bientôt à Grandmont la propriété de la Roche le Roy avec son élégant manoir du XVIe siècle, ancienne dépendance du chapitre de Saint-Martin de Tours.

Grandmont connut plusieurs propriétaires successifs et la Ville de Tours fut autorisée à se rendre acquéreur en janvier 1921 par décret du Président de la République.
Le château fut loué en 1945 au Ministère de l’Éducation Nationale et transformé en Centre d’Apprentissage, puis Auberge de Jeunesse.
Sa démolition commença fin 1961 et le territoire de Grandmont participa à la réalisation du « Grand Tours ».

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