
Article réalisé d’après des recherches effectuées
par Catherine ROUQUET,
vice-présidente
du Centre Généalogique de Touraine
pour l’exposition du 40ème anniversaire du CGDT
La faïence de Langeais est une céramique utilitaire et surtout décorative qui a été produite à Langeais du début des années 1840 à 1919.
Ce sont les couches argileuses du sénonien (subdivision de l’échelle des temps géologiques) et, notamment, celles qui se trouvent au hameau de La Rouchouze, qui ont motivé l’implantation d’un artisanat, puis d’une industrie de la céramique à Langeais.
Après l’investissement des fours, une machine à vapeur en 1846 et, à partir de 1852, une roue hydraulique sur la Roumer permettent d’actionner certaines machines de production. Avant le développement du chemin de fer, l’entreprise s’est dotée de deux chalands pour le transport sur la Loire du charbon et de la production.
Des procédés…
1844 : les premières faïences artistiques font leur apparition, avec leurs formes tressées et les premiers décors de grappes et de pampres de vigne.
1847 : utilisation du procédé des pâtes colorées mises au point à Sèvres. Les tons de cette pâte s’étendent du marron foncé au jaune, en passant par l’abricot.
1848 : apparition du procédé d’application de pâte colorée sur pâte coloré découvert à Sèvres. C’est à cette période que sont produits les Langeais polychromes.
1862 : lancement de la grande période des Langeais à décor platine (l’or fut employé plus rarement).
1879-1889 : léger déclin des productions à décor platine au profit des décors en impression ou peints.




Des médailles…
1841 : médaille d’argent à Tours pour les produits réfractaires (brique, briquettes, carreaux et poteries blanches)
C’est en 1842 que commence la production de faïence d’ornement qui sera majoritaire à partir de 1850, mais toujours menée en parallèle avec celle de produits réfractaires. Charles de BOISSIMON a vraisemblablement poursuivi les relations amorcées par son père avec Alexandre BRONGNIART, directeur de la Manufacture de Sèvres qui a étudié l’argile de la Rouchouze en 1843-1844.
1843 : médaille d’argent à Angers pour les vases, creusets et briques réfractaires
1844 : médaille d’argent à Tours pour les vases, coupes et lampes
1844 : médaille de bronze à Paris avec mention honorable
1845 : médaille de bronze à Orléans
1848 : médaille d’argent à Angers pour une production diverses et de qualité (vases, corbeilles) y compris de diverses couleurs
1849 : médaille de bronze à Paris pour la faïence à pâte colorée s’étendant du marron foncé au jaune
1851 : médaille de bronze à Londres pour la production
1853 et 1855 : médailles d’argent
1867 : 2 médailles de bronze à Paris pour les poteries fines
1878 : médaille de bronze à Paris








…et surtout des potiers !
et parmi eux
BEAUMONT Eugène x MOREAU Pauline Clotilde le 09/09/1872 à Tours
BELLOCHE Alexis Albert Louis x LAPLANCHE Marie Louise le 01/08/1887 à Tours
BEZARD Désiré Antoine x PILON Joséphine Silvine le 07/07/1873 à Tours
CORNET Louis Onésime x MOREAU Françoise le 21/07/1858 à Tours
DENIAU Jacques x BREMONT Irène Sophie le 12/02/1798 à Mosnes
DIEN Joseph x GOUINEAU Antoinette le 26/01/1818 à Nouâtre (Noyers)
DIEN Joseph x BERTRAND Marie le 09/02/1835 à Balesmes
DIEN Joseph Mathieu x GAUTIER Victoire le 15/02/1803 à Nouâtre
DROUET Étienne Olivier x DELAUNAY Marie le 26/07/1840 à Chinon
DUBOIS Silvain x DUCELLIER Catherine le 01/07/1835 à Chinon
FIÈVRE Joseph x CHARPENTIER Louise le 29/10/1849 à Chinon
FRÉMON Jules Augustin x DUPRÉ Marie Célina le 22/04/1890 à Avon-les-Roches
GUIGNIER Pierre x COURSON Anne Poline le 06/09/1847 au Boulay
HIVERT Gabriel x LHUILLIER Marie le 29/01/1856 à La Haye-Descartes
LEFEVRE Jean x LEROUGE Anne le 29/10/1795 à Saint-Christophe-sur-le-Nais
LESON François x AUGER Françoise dite Louise le 11/02/1861 à Civray-de-Touraine
NAU Florent x LANGLAIS Marguerite le 18/04/1838 à Thizay
PASQUIER Louis x LUNET Françoise le 23/07/1828 à Chinon
UGO Ange x LAURENT Louise le 25/06/1866 à Chinon

La famille de BOISSIMON
Charles de BOISSIMON ne devient pas par hasard propriétaire de quelques ares de terres à Langeais. Deux raisons essentielles lui font choisir cette ville : d’abord le travail de l’argile qui est une activité traditionnelle de la région ; et d’autre part ses attaches familiales avec Casimir BOILESVE, qui est maire de Langeais depuis 9 ans, et avec Julien BOILESVE, qui est négociant dans cette commune et qui a une expérience du commerce et de la gestion. C’est avec lui qu’il va s’associer pour fonder la fabrique.
L’implantation est choisie en fonction de critères logistiques : proximité de la Loire, voie de transport, puis de la voie ferrée à partir de 1848.
A la disparition de son père en 1839, Charles de BOISSIMON achète, avec Julien BOILESVE, 66 ares de terres au lieu-dit la « Pièce du Puits », puis 28 ares au « Canal » : c’est sur ce terrain, en 1839, qu’ils auront l’autorisation de construire un four à briques et carreaux.
En 1850, à la suite d’opérations hasardeuses, un assainissement financier est indispensable et l’association BOISSIMON-BOILESVE est dissoute. Charles devient seul responsable de l’entreprise et crée la société « La Fabrique de Langeais ». Jusqu’en 1879 il y développe une production de faïences de qualité.
Charles de BOISSIMON décède à Langeais le 24 février 1879 et c’est Claire Marie Alexandrine de MOUCHERON, fille de Louis Charles Martin de MOUCHERON (écuyer) et de Marie Françoise Thérèse Victoire de PERROCHEL (son épouse) qui lui succèdera à la direction de la fabrique jusqu’à sa mort, le 15 mars 1898 à Langeais.

A la mort de son père, Charles Marie Raoul de BOISSIMON est médecin Tours où il demeure avec son épouse Joséphine SALMON de MAISON ROUGE. Peu impliqué jusque là dans la gestion de l’entreprise, il décide de devenir le seul propriétaire. Mais cette succession sera de courte durée, car il meurt prématurément de maladie en 1889.
Son fils unique René n’a que 9 ans à son décès, et c’est son épouse Joséphine qui mettra tout en œuvre pour tenter de sauver l’entreprise avec l’aide de Lucien RUFFIN, qui aura en charge l’administration des affaires.
En 1907 René reprend la libre administration des biens ;mais, de santé fragile, il confie la gestion au directeur de l’entreprise et, en 1909, sa mère vend l’entreprise à MM DARGOUGE et GRANBOULAN qui vont essayer de relancer la fabrication de faïences fines. Mais la Première Guerre mondiale vient contrarier leurs projets et, à partir de 1916, Paul GRANBOULAN délaissera la production des faïences pour se consacrer aux produits réfractaires.
En février 1910, quelques mois après la liquidation de l’usine, Raoul se marie avec Irma Juliette BOUREAU, originaire de Bressuire. Ils achètent une maison confortable rue Pinaigrier à Tours, mais les époux ne profitent pas longtemps de leur fortune : René décède en 1916 à Hyères. Leur fille Madeleine, née à Limoges en 1900, est emportée à son tour en 1918 par la grippe espagnole.
Ainsi s’éteignit la famille de BOISSIMON qui, pendant 70 ans, œuvra au développement et à la renommée de Langeais.
Extrait de la généalogie de Charles de BOISSIMON
Source :
– étude Catherine Rouquet
– Wikipédia
– AD37 : Collections de Touraine – Cadastre


