
d’après les recherches de Daniel FOULLON, administrateur,
pour l’exposition du 50ème Anniversaire
du Centre Généalogique de Touraine
L’époque romaine
Dès l’Antiquité, la Gaule possède un réseau de communications important pour l’époque. Jules César lui-même note dans le « De bello gallico » que l’avance des légions a été facilitée par le réseau existant.
Pour relier aisément les centres urbains et faciliter le déplacement des armées et le commerce, on construit de grandes routes normalisées et aussi rectilignes que la topographie le permet.
Les routes sont constituées de deux voies solidement pavées.
Ces axes sont dotés de bornes milliaires sur lesquelles sont gravés le nom du gouverneur de la province, celui de l’empereur et la distance de la cité la plus proche.

Au XIIIème siècle un humaniste allemand, Konrad Peutinger, entreprend de recopier les cartes de l’empire romain. Il reprend les liaisons routières connues, sans toutefois en faire le tracé exact.

Communications au Moyen Âge
On connaît peu le réseau de communication au Moyen Âge : seules existent les anciennes voies romaines en mauvais état.
Les croisades, à partir du XIème siècle, vont favoriser la construction de routes qui sont classées en 5 catégories suivant leur largeur.
Les voies de 4ème et 5ème catégories sont à péage : les seigneurs perçoivent les péages des routes sur leurs domaines pour leur entretien, somme souvent détournée à leur profit…
La Touraine reste cependant un lieu de passage régulier : le chemin de Saint-Jacques de Compostelle concentre à Tours les différents itinéraires en provenance du nord-ouest et nord de l’Europe.

Communications du XVIème au XVIIIème siècle

Au début de la Renaissance, les axes de communication sont souvent des voies de terre.
L’essor urbain et les échanges commerciaux de la Renaissance contribuent au développement du réseau routier : une ordonnance royale de 1552 impose la plantation d’arbres sur le bord des routes.
En 1669 Louvois crée la Ferme des Postes pour le transport des lettres et des colis : elle se développera jusqu’à l’apparition du chemin de fer.
Pour protéger le bon état des routes et chemins, une ordonnance du 14 novembre 1724 limite à 4 chevaux les charrettes à 2 roues. Les péages sur les principaux axes seront maintenus jusqu’en 1790.
Le 24 fructidor de l’an V, ils sont rétablis sauf pour les travaux agricoles et les troupeaux allant au pâturage.
Après le départ des Anglais de Bordeaux, Sully poursuit la modernisation de l’axe Paris-Espagne.
Le premier tracé de la « N10 » est réalisé : il passe par les agglomérations d’Orléans, Blois, Amboise, Loches, La Haye (Descartes).
Au XVIIIème, le tracé est modifié, traversant Chartres et la Beauce, puis l’est à nouveau après la construction du pont de Tours (1765-1778).
La voie Paris-Bordeaux, qui porte à cette époque le nom de Voie Royale, évoluera en Route Impériale n° 10.

Le tracé prendra sa forme définitive au XIXème siècle.
L’axe Tours-Poitiers desservira les communes de Montbazon, Sainte-Maure et Châtellerault.
Le chemin de fer
L’arrivée du chemin de fer dans les régions françaises bouleverse les économies locales : en Val de Loire il fait péricliter la marine et précipite sa fin.
La vitesse accrue des liaisons de longue distance abrège les temps de voyage : en 1846, dans une lettre à Mme Hanska, Honoré de Balzac mentionne un voyage de 6 heures entre Paris et Tours, contre 27 heures en diligence.
La ville de Tours ne possédant pas de terrain disponible dans l’enceinte pour envisager la construction d’une gare (appelée embarcadère à cette époque), elle annexera le quartier Saint-Étienne-Extra situé au sud du boulevard Béranger actuel.
La gare sera inaugurée le 2 avril 1846.

Les voyages par chemin de fer se développèrent rapidement :
- 1848 : Tours-Nantes
- 1875 : Tours-Les Sables d’Olonne (la côte atlantique est à une journée de voyage de Paris)
- 1878 : création des ateliers dans le quartier Sanitas-Hallebardier
- 1890 : centre de triage de Saint-Pierre-des-Corps.
En quelques années, Tours est devenue un centre de réparation et un important noeud ferroviaire.
La ligne Paris-Bordeaux est électrifiée au début du XXème siècle en 1903.
Dans la seconde moitié du XIXème siècle, la conception des liaisons entre villes
et entre villes et campagnes changera radicalement.
