Antoine de SAINT-ÉXUPÉRY et la Touraine

Article de Daniel FOULLON et
Catherine BASDUSSEAULX
du Centre Généalogique de Touraine

Nous connaissons tous l’histoire d’Antoine de SAINT-ÉXUPÉRY, né à Lyon en 1900 et Mort pour la France le 31 juillet 1944 lors d’un vol de reconnaissance en Méditerranée au large de Marseille.

Beaucoup l’ignorent peut-être, mais la grand-mère paternelle d’Antoine de SAINT-ÉXUPÉRY (Élisabeth-Alix BLOUQUIER de TRÉLAN) était tourangelle de naissance.
Les SAINT-ÉXUPÉRY sont une maison d’ancienne chevalerie originaire du Limousin qui a donné à la France de nombreux officiers et fonctionnaires de valeur. Les BLOUQUIER de TRÉLAN étaient de noblesse bien plus récente : ils n’y accédèrent qu’au XVIIIème siècle par des emplois à la cour de Versailles.

Fernand de SAINT-ÉXUPÉRY et Élisabeth-Alix de TRÉLAN ont eu 7 enfants dont Jean, né à Florac en 1863, époux de Marie BOYER de FONSCOLOMBE La MOLE. Ils eurent à leur tour 5 enfants, dont l’écrivain Antoine.

Plusieurs des filles de Fernand et d’Élisabeth-Alix (Amicie, Marguerite, Marthe et Alix) furent élevées à la pension Sainte-Ursule place de la Parerie (actuelle place Mirabeau) à Chinon.
Fernand s’intéressait à l’archéologie locale et publia des études sur les alignements mégalithiques de Sonnay.

Château de Sonnay

Ses fils Jean (père d’Antoine) et Roger venaient passer toutes leurs vacances dans ce château à Cravant dans lequel mourut son arrière grand-père Henri-Louis BLOUQUIER de TRÉLAN et où naquirent trois de ses tantes (Amicie, Marguerite et Marthe).

Charlotte-Justine TASCHEREAU des PICTIÈRES (mère d’Alix-Élisabeth) est née à Tours le 20 mars 1804. Elle épousa Henri-Louis BLOUQUIER de TRÉLAN le 18 décembre 1837 à Vouvray. Son père (Pierre-Louis) comte des PICTIÈRES, colonel de cavalerie, est né à Ballan le 31 août 1763. Sa mère, Justine DELAVEAU, est morte à Tours le 19 mars 1865.

Pour la période 1850-1920, le tombeau de famille des BLOUQUIER de TRÉLAN et des SAINT-ÉXUPÉRY se trouve au milieu du cimetière de Vouvray. Le commandant Roger de SAINT-ÉXUPÉRY figure, lui, sur le monument aux morts de Cravant.

Sépulture St-ÉXUPÉRY-BLOUQUIER de TRÉLAN cimetière de Vouvray carré 5

Quelques autres aviateurs tourangeaux

André TUSLANE : né le 17 mai 1882 à Tours, fils de Léon Edmond TULASNE architecte et de Cécile LECAT.
Le 11 novembre 1902, il s’engage volontairement pour le 66ème Régiment d’Infanterie de Tours. La guerre survient et on le retrouve pilote à l’escadrille 94 CPR en 1915. Affecté à la mission militaire en Tchécoslovaquie, il est démobilisé en 1919. Il finira ses jours à Tours où il décède le 16 décembre 1967.

François TUSLASNE (frère du précédent) : né le 2 septembre 1886 à Tours, il fera une très brillante carrière militaire. Tout au long des hostilités, il sera observateur en avion en même temps que mitrailleur. Il rejoint la mission militaire en Serbie. Après la guerre, il fera partie de la mission militaire française près des armées helléniques à partir de janvier 1922, puis en Tchécoslovaquie.
Le 5 octobre 1929, rentrant d’un long déplacement dans les Balkans en compagnie d’un autre avion, le temps était exécrable. Les deux avions volaient à très basse altitude et se sont heurtés.

Joseph TUSLANE (l’aîné des 3 frères) : né à Tours le 3 mars 1879, il s’engage volontairement le 24 octobre 1898 et intègre l’École Militaire de St-Cyr. Dès la mobilisation, il rejoint les terrains d’aviation de la 4ème armée où il devient adjoint de l’aéronautique. A partir du 2 mai 1917, il fera partie des différentes missions françaises aux États-Unis. La fin de sa carrière sera marquée par plusieurs longs séjours en Afrique Occidentale Française. Inspecteur Général des Forces Aériennes, il sera libéré de ses obligations militaires le 17 août 1931 et s’éteindra à Taverny le 6 septembre 1948.

Maxime LENOIR : né le 22 décembre 1888 à Chargé, fils de Pierre Joseph LENOIR vigneron et Louise Clémence AMIRAULT. Il sera le premier « as » de Touraine. Devenu aviateur professionnel après avoir passé son brevet de pilote chez Blériot, il est signalé disparu le 25 octobre 1916, et est déclaré Mort Pour la France dans le secteur d’Ardemont (Meuse) où son avion a été abattu. Il avait pourtant surnommé son SPAD VII « trompe-la-mort ».
Les quatre fils de Pierre Joseph et Louise Clémence ont été mobilisés lors de la déclaration de guerre en 1914. Trois d’entre eux ne reviendront pas…

Maxime est le premier Tourangeau à réussir des « looping » au cours de divers spectacles dans la région

Robert POIRIER : né le 8 octobre 1894 à Tours, fils d’Édouard POIRIER employé de commerce et d’Isabelle WEILL. Le 8 octobre 1912, il s’engage et rejoint le 66ème Régiment d’Infanterie de Tours. Blessé à deux reprises au début de la guerre, il intègre l’aviation et remplira des missions de reconnaissances photographiques et de réglages d’artillerie. Après le conflit, il deviendra pilote automobile sans abandonner les avions. Le 19 septembre 1949, à bord d’un Halifax converti en transport de personnel à destination de Pointe-Noire au Congo, l’avion rate son atterrissage et s’enflamme. C’est là qu’il trouvera la mort avec ses compagnons.


Sources :
– Bulletin de la Société Archéologique de Touraine n° XXXV (1968) – Gallica
– Wikipedia
Mémoire des Hommes
– Touraine Généalogie n° 107 du 3ème trimestre 2016
(« Les aviateurs tourangeaux dans la Grand Guerre », article de Catherine BAS-DUSSEAULX)

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VAGNINI Hélène
VAGNINI Hélène
16 jours plus tôt

Bel article… bravo ! Merci ! H.Vagnini