
Si on n’y voit longtemps qu’un fléau infligé à Dieu, les sociétés prennent progressivement conscience que les hommes ou leur environnement ne sont pas pour rien dans les propagations des maladies épidémiques.
La peste est perçue comme l’archétype de l’épidémie fléau collectif face auquel l’homme est impuissant et marque durablement les esprits. Les populations doivent cependant faire face à d’autres maux dont les effets à long terme sont loin d’être négligeables.
Véroles et autres contagions :
– Le terme « peste » désigne de manière générale toute maladie épidémique, il est synonyme de « contagion » ou « grande mortalité », termes qu’on retrouve souvent dans les documents comme « pestilence » ou « fièvre pestilentielle ».
Quelques maux frappent cependant régulièrement les populations et sont bien identifiés par les contemporains.
– La variole ou grande vérole : beaucoup moins spectaculaire et plus diffuse que la peste la variole est sans doute la plus mortelle sur le long terme. Au XVIIIème siècle on estime qu’un quart de la population est touchée par cette maladie.
– La syphilis ou petite vérole : la maladie se répand au XVIème siècle en Europe par voie vénérienne. Seul le développement au XVIIIème siècle des préservatifs en matière animale permet de lutter plus efficacement contre la contagion. Les remèdes utilisés contre la maladie causent souvent autant de ravages que le mal car il est courant de prescrire des pilules de mercure, des remèdes à base d’arsenic…
D’autres maladies sévissent durant l’Ancien Régime comme la dysenterie, le paludisme, le typhus, la suette, l’ergotisme et diverses fièvres (malignes ou pestilentielles).

Entre 1771 et 1790, le curé de Ligueil (Clou Curé) a pris soin de préciser la nature du décès des habitants en marge des actes de sépultures : fluxions de poitrine, pleurésies, pulmonies, étisies et fièvres furent la cause de nombreux décès pendant cette période.
Voici quelques exemples de ses annotations :
Fluxions de poitrine
Inflammations pulmonaires au niveau de la poitrine – inflammations de la paroi thoracique, de la plèvre et du poumon (nom ancien de la pleurésie et de la pneumonie).
















Pleurésies
Inflammations de la plèvre (membrane recouvrant les poumons).




Pneumonies et pulmonies
Infections des poumons causées par un virus.






Consomptions et étisies
Amaigrissements et dépérissements résultant d’une maladie grave et prolongée.



Inflammations du bas-ventre


Fièvres et autres maladies








Sources : « les samedis des Archives » (De la peste à la tuberculose, les hommes face aux épidémies) AD37
Registres paroissiaux de Ligueil