
Article de Patricia PILLORGER,
présidente du
Centre Généalogique de Touraine
Le Journal d’Indre-et-Loire, dans son édition du 10 septembre 1915, publie dans ses colonnes :
plusieurs jeunes s’étaient réunis dans le but de former un groupe sportif et de chercher dans la pratique des sports l’entrainement physique qui leur permettrait d’être des soldats aguerris.
Ce groupe a pris le titre de
Sporting Club de Tours.
AD37 – 1915PERU104
Journal d’Indre-et-Loire
L’Annuaire des associations de Tours le mentionne sous le numéro 257, déclaré le 13 octobre 1915 par Monsieur MARTIN, résidant au 212 rue Victor Hugo à Tours, et publié le 7 novembre suivant au Journal Officiel. L’objet de l’association est la pratique du football et son siège social est au 14-16 rue Marceau à Tours :

Le bureau du Sporting Club de Tours est composé de jeunes gens ayant démontré à plusieurs occasions qu’ils font preuve de compétences sportives. Le Journal d’Indre-et-Loire en précise la liste :
Président : R. RENAUD
Vice-président : BONNEVIAL
Secrétaire : R. JAMIN
Secrétaire adjoint : BINEAU
Trésorier : OSWALD de VILLIENA
Autres membres du comité : BAUDICHON, CHEVESSON, DUBOIS de SAINT-SÉVERIN, DUPRÉ, LAFLORENCIE, MONNOT.
Les recherches sur l’association dans les archives de la préfecture sont restées vaines. A partir des informations mentionnées dans le Registre des associations et celles publiées dans la presse locale, nous avons relevé, dans le recensement de la ville de Tours de l’année 1911, une famille MARTIN qui réside au 212 rue Victor Hugo et une famille JAMIN qui réside au 14 rue Marceau à Tours, dont un fils se prénomme Robert né en 1899, âgé de 16 ans en 1915.

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Dès septembre 1915, trois équipes de football se sont créées et des équipes de rugby sont en cours de formation. Ils s’entraînent chaque dimanche sur le terrain de la barrière de Grammont à Tours. Les nouvelles adhésions sont reçues à la fin des séances d’entrainement et les équipes sont constituées au fur et à mesure.
Le premier match de la saison 1915-1916 se dispute le dimanche 17 octobre à Tours : le Sporting Club de Tours reçoit sur son stade à la barrière de Grammont l’équipe de la jeunesse athlétique de Tours. Le match débute à 14 heures, tous les amateurs tourangeaux de football y sont attendus.
La constitution de l’équipe du Sporting Club de Tours est publiée :
Goal : MARTIN
Arrières : LAFLORENCIE, BAUDET
Demis : SUARD, JAMIN, COSNEAU
Avants : BINEAU, BONNEVIAL, DUMOULIN (capitaine), MONNOT, RICHARD
Le Sporting Club de Tours gagne ce premier match par 2 buts à 1. Les joueurs des deux jeunes équipes sont en forme et ont fait preuve de cohésion dans leur jeu. Chacune des deux équipes a d’excellents éléments. Le premier but est marqué par l’équipe de la Jeunesse, égalisé par un but de BONNEVIAL pour le Sporting Club de Tours dès la première mi-temps. Le second but du Sporting Club de Tours est marqué à quelques minutes de la fin du match, à nouveau par BONNEVIAL, permettant une victoire de justesse !
Après ce premier match, les dirigeants, qui ont pu observer les points faibles de leurs joueurs, vont procéder à quelques remaniements au sein de l’équipe dans les diverses lignes. Les entraînements se poursuivent tous les dimanches au terrain de la barrière de Grammont. La première Assemblée générale de l’association se tient le mardi 9 novembre 1915 au Café de l’Époque, place du Palais de justice à Tours.
Le second match est organisé le dimanche 14 novembre : pour le Sporting Club de Tours, il y a l’équipe première et l’équipe seconde qui affrontent 2 équipes de la jeunesse sportive de Tours. La première joue sur son terrain à la barrière de Grammont à 14 heures et la seconde joue sur le terrain de la jeunesse à la prairie du Cher, près de la levée Saint-Sauveur, à 14 heures 30.
La constitution de deux « onze » du Sporting Club de Tours est publiée :
L’équipe première est :
Goal : LE CORRE
Arrières : ANDRE, THIOLLET
Demis : SARAMIA, BOUGRIER, VARNEROT
Avants : BOUTET, LOUÉ, CHEVESSON (capitaine), URSULE, DUPONT
L’équipe seconde est :
Goal : MARTIN
Arrières : BINEAU, LAFLORENCIE
Demis : SUARD, JAMIN, MAYMAUD
Avants : RABIER, BONNEVIAL, DUMOULIN (capitaine), MONNOT, RICHARD
Le Sporting Club de Tours remporte les deux matchs.
La première équipe a battu son adversaire par 2 buts à 1 et la seconde par 3 buts à 0.
Les matchs se sont déroulés dans une lutte énergique, chacun connait parfaitement les règles du football.
Ces deux victoires sont importantes pour le jeune club, elle assoit sa suprématie dans le football d’association.
AD37 – Journal d’Indre-et-Loire du 17 novembre 1915
cote 2019PERU104 – vue 637/729
Le dimanche suivant, les deux équipes Sporting Club de Tours jouent respectivement contre l’Union sportive de l’École normale de Loches et la Légion sportive Saint-Maurice. La première équipe gagne par 3 buts à 1 et la seconde fait match nul avec 1 but pour chacune. Tant pour les vainqueurs que les vaincus, tous jouèrent avec brio aussi bien dans l’attaque que dans la défense avec un excellent arbitrage de Robert JAMIN.
Les entrainements, les matchs, les victoires pour le Sporting Club de Tours s’enchaînent au fil des mois ; le nombre de ses membres ne cesse de progresser, bien au-delà des espérances en cette période de guerre.
Cependant au printemps 1917, le Sporting Club de Tours disparaît, il est dans l’obligation de cesser son activité par manque de joueurs. Les jeunes sont partis sous les drapeaux dans les classes de 1916 et 1917, devançant l’appel et privant le club de ses meilleurs éléments et de ses cadres. Comme le rapporte le Journal d’Indre-et-Loire du 10 avril 1917, le Sporting Club de Tours connut une prospérité rapide sous l’impulsion de MARTIN, JAMIN, BONNEVIAL, LE CORRE, LOUÉ, SARAMIA et donna une émulsion à la jeunesse de Tours en faisant naître d’autres clubs sportifs.
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Robert Armand Joseph Sylvain JAMIN est né le 4 avril 1899 à Tours, fils d’Armand, charcutier, et d’Angèle GOULARD. Il est étudiant en 1915 lors de la création du Sporting Club de Tours. Tout juste âgé de 17 ans, le jeune homme d’1,69 m s’engage le 3 avril 1916 à la mairie de Tours, affecté au 82ème Régiment d’Artillerie. Dix-neuf mois plus tard, Robert JAMIN, matricule 7829 de la 31e batterie de l’Artillerie Lourde, est cité à l’ordre de son régiment : téléphoniste très dévoué et très brave le 20 octobre 1917 malgré un très violent bombardement, quoique intoxiqué par les gaz et sans souci du danger, a assuré la liaison téléphonique d’un observatoire avancé et a ainsi permis d’effectuer le réglage du tir de la batterie.
A son retour de la Grande Guerre, Robert, négociant, se marie le 19 avril 1922 à Montbazon avec Gabrielle SCHAFFNER. Veuf en août 1928 et sans enfant, il épouse en secondes noces Henriette BASCHOU le 29 avril 1929 à Ligny-le-Ribault (45), seconde épouse dont il aura 2 filles. Il décède à l’âge de 45 ans, le 22 juillet 1944 à Olivet (45).
Généalogie de Robert JAMIN
Sources :
Archives départementales de l’Indre-et-Loire (37), registres paroissiaux et d’état civil, registre des associations de Tours, Journal d’Indre-et-Loire de septembre 1915 à novembre 1917.

