
Article de Guy ROUSSEAU
du Centre Généalogique de Touraine
d’après une recherche de M. et J. MERCIER (45)
En 2020, un virus (COVID 19) inconnu de tous fait des ravages sur toute notre planète. En conséquence, les chercheurs en immunologie du monde entier étudient et essaient de créer un vaccin qui viendrait à bout de ce fléau.
Au XVIIIème siècle, c’est la variole qui fait de nombreuses victimes.

En 1796, le Docteur Edward JENNER (1749-1823) est frappé de constater que des fermières restent indemnes de la variole du fait qu’elles avaient précédemment contracté une forme bénigne de vérole en trayant leurs vaches. Il eut l’idée d’inoculer cette vaccine (de vacca, vache) pour préserver de ce fléau. C’est ainsi que la vaccination se répandit dans l’Europe entière.
Le 14 mai 1796, il inocule à un enfant de 8 ans, James PHILIPPE, par scarification, non plus du pus de variole mais du pus de vaccine prélevé sur la main d’une femme infectée par sa vache ; l’enfant contracte la maladie sous la forme d’une unique pustule et en guérit très vite, la vaccine ayant entraîné la formation d’anticorps.
De la vaccination jennerienne à l’Institut vaccinal de Tours

Edmond CHAUMIER, né en 1853 à Saint-Flovier (Indre-et-Loire) et descendant d’une lignée de médecins, fait ses études à Châtellerault puis à Tours et les finit à Paris.
Il s’installe au Grand-Pressigny pendant 10 ans comme médecin de campagne puis ouvre son cabinet à Tours pour se consacrer à la pédiatrie. Il fonde un dispensaire pour enfants puis décide de créer un institut vaccinogène.
En 1899, il achète le château de Plessis-lès-Tours, en grande partie en ruine, et le restaure. Certain que la vaccination est liée au développement de la vaccine d’origine animale, il installe dans l’ancien logis royal les laboratoires de recherches et de culture du vaccin. A la belle saison les génisses vaccinifères paissent sur les pelouses alentour et, en hiver, les bêtes séjournent dans les sous-sols aménagés en écuries.
Le dispensaire situé dans Tours devient un centre de production du vaccin antivariolique.
En 1905, son institut approvisionnait 43 départements et fournissait d’autres instituts vaccinaux européens. Il est le 1er de France et le 2ème d’Europe et prépare de quoi vacciner 2,5 millions personnes et 3,350 millions en 1907.
Le Docteur CHAUMIER décède à Tours le 2 avril 1931. L’institut est repris par son concurrent parisien qui maintient une petite activité jusqu’en 1960. La production française de vaccin antivariolique cessera en 1970 avec l’éradication mondiale prononcée par l’OMS en 1979.
Passionné de préhistoire locale, il collectionne de nombreuses pièces et crée en 1912 le Musée de la Préhistoire au Grand-Pressigny.
Généalogie CHAUMIER




Sources :
Touraine Généalogie n° 121
Touraine, jardin de santé et pépinière de savants (PUFR)
Article paru dans la Nouvelle République du 8 septembre 2018.
Merci Guy
encore un article ou nous découvrons les personnages tourangeaux qui ont permis de faire avancer la science.