K comme… K groupe théâtral dans un décor royal oublié, le château de Plessis-lez-Tours

Article de Catherine BAS-DUSSEAULX du Centre Généalogique de Touraine

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Cité dès 966 dans une charte de l’archevêque de Tours, appelé les Montils aux XIIème et XIIIème siècles, Plessis-lez-Tours est une ancienne châtellenie, devenue château royal.[1]

En 1143 ce fief appartient à Sulpice d’Amboise puis il passe à Hugues II d’Amboise, mort en 1190 ; cette famille le garde jusqu’au 15 février 1463, date à laquelle Hardouin de MAILLÉ, époux de Péronnelle d’Amboise, le vend au roi Louis XI pour 5 500 écus d’or.

En lieu et place de l’ancienne forteresse du XIème siècle, le roi fait bâtir un château en brique, premier édifice de ce genre en Val de Loire, édifié par des maçons du nord de la France. Il y établit sa résidence et le siège du pouvoir royal.

Les travaux sont achevés en 1470 et, dès cette époque, Louis XI y installe le premier atelier de soierie de Tours, animé par 17 ouvriers qu’il fait venir d’Italie.

Demeure du Roi de France, le château, bien que résolument modeste, reçoit dans ses murs beaucoup de grands personnages et voit se dérouler de nombreux évènements de grande importance.[1]

Le choix personnel d’un roi aura pourtant une exceptionnelle résonnance pour l’avenir du Val de Loire car sans lui, et sans aucun doute, aucun de nos prestigieux châteaux, Chenonceau, Blois, Chambord et bien d’autres n’auraient été érigés en Touraine.

Le roi y décède le 30 août 1483 mais ses successeurs lui conservent sa vocation de siège royal du pouvoir et continuent de l’agrandir et de l’aménager : Charles VIII puis Louis XII y demeurent et ce dernier y reçoit les Etats Généraux en 1506.
A cette occasion d’ailleurs y sera conclu le mariage de Claude de France , sa fille et unique enfant survivante de son union avec Anne de Bretagne, avec le jeune François d’Angoulême, notre futur François Ier.

Puis le château sera le théâtre de la réconciliation entre le roi Henri III et le roi de Navarre, futur Henri IV, ce qui leur permit d’affronter ensemble les troubles de la Ligue.

Henri IV puis son fils Louis XIII y firent ensuite quelques séjours, mais bientôt le pouvoir royal va quitter les bords de Loire et Plessis tombera peu à peu dans l’oubli.

Le temps fera alors son œuvre et de sa splendeur passée, il ne restera que peu de chose, lorsqu’en 1781 le bâtiment devient le dépôt de mendicité de la ville de Tours.

Enfin en 1790, il est vendu comme bien national et presque entièrement démembré.

Au XIXème siècle, ce qui reste du château abrite tour à tour une fabrique de plomb de chasse, un dépôt d’entreprise et même un bâtiment de ferme.

Pourtant, à l’aube du XXème siècle, un homme va lui redonner vie : le Dr Edmond CHAUMIER.
Né en 1853 à Saint-Flovier et descendant d’une lignée de médecins, il fait ses études à Châtellerault, à Tours, puis à Paris. Pendant une dizaine d’années il s’installe au Grand-Pressigny comme médecin de campagne et se trouve confronté aux délicats problèmes de la pratique médicale rurale et à la concurrence des guérisseurs locaux.[3]

Ses travaux médicaux vont alors porter sur les maladies infantiles et la vaccination si bien qu’en 1877, il crée à Tours, en même temps qu’un dispensaire pour les plus démunis, son propre institut de vaccination.

En 1890, il achète le château de Plessis-lez-Tours et entreprend de le restaurer afin d’y installer un centre de recherche sur les vaccins d’origine animale et des locaux modernes pour la culture des vaccins contre la variole.

En 1905 l’Institut vaccinal du château de Plessis-lez-Tours sera le fournisseur officiel de vaccins contre la variole pour 43 départements français.[4]

 

Plan général de l’Institut vaccinal du Dr E. CHAUMIER au Plessis-lez-Tours
figurant dans le Rapport fait au nom de la Commission d’Inspection des Instituts vaccinaux pour la séance du 5
 juillet 1904 et présenté par M. BARNSBY, Directeur honoraire de l’École de Médecine de Tours, sur l’établissement vaccinogène de M. le docteur E. CHAUMIER à Tours

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Le Dr CHAUMIER décède en 1931, mais son œuvre lui survit puisqu’en 1934 paraît dans l’annuaire Deslis l’encart suivant :

Parallèlement le bâtiment est inscrit au titre des Monuments historiques le 12 avril 1927.

Désormais le château, propriété de la Ville de Tours, est occupé par une Compagnie Théâtrale « Le groupe K » de José Manuel Cano Lopez qui y produit de nombreux évènements culturels et y poursuit des projets de formations et de sensibilisations artistiques.

Devant ces façades altières, on se prend alors à rêver à sa grandeur passée et on réalise que, sans lui, le Val de Loire ne serait sans doute pas tout à fait ce qu’il est.

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Ascendance d’Edmond CHAUMIER

 

1- Louis Edmond Jean CHAUMIER, né le 4 décembre 1853 à Saint-Flovier (37), docteur en médecine spécialiste de la pathologie infantile, promu Chevalier de la Légion d’honneur par décret du 30 novembre 1923 sur le rapport du Ministre de l’Hygiène, n° matricule 115.106. Il demeure alors 4 rue Corneille à Tours (37). Décédé le 1er avril 1931 à Tours (37)
marié le 8 août 1885 à Tours (37) avec
Marie Pauline Hortense BARTOLI, née le 12 novembre 1865 à Reims (51), fille de Michel Antoine BARTOLI, économe du lycée de Tours, et d’Augustine Amélie Renée LUPÉE.
Pour son mariage, ses deux témoins sont ses frères : Auguste Pierre CHAUMIER, 50 ans, docteur en médecine à Bléré, et Fernand Jean-Baptiste CHAUMIER, 45 ans, notaire à Chinon (37).

2- Auguste Pierre Jean-Baptiste CHAUMIER, officier de santé, né le 10 pluviôse an VIII à Saint-Flovier (37), décédé le 14 juillet 1871 à Saint-Flovier (37), marié le 5 février 1833 à Orbigny (37) avec
3- Claire Honorine CHAUMIER, née le 6 septembre 1810 à Orbigny (37).

4- Jean CHAUMIER, secrétaire au château de l’Estang, propriétaire à Saint-Flovier (37), né le 11 novembre 1758 à Orbigny (37) marié le 28 février 1799 à Orbigny (37) avec
5- Anne Catherine MOREAU, couturière, née en 1777 à Preuilly-sur-Claise (37).

6- Hercule Généreux CHAUMIER, marchand, propriétaire, né le 12 août 1776 à Orbigny (37), marié le 19 septembre 1808 Preuilly-sur-Claise (37) avec
7- Marie Elisabeth BRIEL, née le 30 septembre 1781 à Preuilly-sur-Claise (37) paroisse Notre-Dame
décédée le 25 janvier 1823 à Orbigny (37).

8- Jean Baptiste CHAUMIER, menuisier, marié le 18 novembre 1737 à Montrichard (41) avec
9- Marguerite LALLIER.

10- Jean MOREAU, tailleur de pierre, marié le 15 novembre 1774 à Preuilly-sur-Claise (37) paroisse Notre-Dame avec
11- Anne VERRIER

12- Nicolas CHAUMIER, chirurgien, marié le 21 novembre 1769 à Genillé (37) avec
13- Victoire Françoise JOUSSELIN

14- Pierre BRIEL, huissier à Preuilly-sur-Claise (37), marié le 22 novembre 1774 à Preuilly-sur-Claise (37) avec
15- Louise Elisabeth GENDRAULT

16- Jean CHAUMIER, marchand sergetier à Villeloin (37), marié le 6 juillet 1700 à Beaulieu-lès-Loches (37) paroisse Saint-André avec
17- Anne PINARD

18- Jean LALLIER, maître cordonnier, marié avec
19- Ursule RENARD

20- Pierre MOREAU, marié avec
21- Catherine BOENARD

22- Philippe VERRIER, marié avec
23- Marie CARRE

28- Pierre BRIEL, marié avec
29- Anne CORNET

30- Mathurin GENDRAULT, marié avec
31- Catherine FOUCHE(R)


 

[1] CARRÉ de BUSSEROLE, J.X., Dictionnaire d’Indre-et-Loire, Imprimerie de la Manutention, Mayenne, 1988
[2] https://fr.wikipedia.org/wiki/Château_de_Plessis-lez-Tours
[3] https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Saint-Flovier
[4] France Bleu :  « La médecine en Touraine 3/5 – Edmond CHAUMIER » diffusion du mercredi 7 novembre 2018
Sources : http://www.applis.univ-tours.fr/scd/Medecine/GazetteMedicaleDuCentre – Revue bi-mensuelle du 15 juin 1905 « Séance du 5 juillet 1904 du Conseil départemental d’hygiène d’Indre-&-Loire – Commission de Contrôle du Service de la Vaccine »

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DUVEAU CATHERINE
DUVEAU CATHERINE
25 jours plus tôt

Merci infiniment pour cet article j’ai appris bcp de choses principalement l’action du docteur CHAUMIER- Je vais transmettre cet article à mes amis de st flovier !!!

Jean Groussin
Jean Groussin
25 jours plus tôt

Bonjour ,

excellent article ,surtout pour moi qui suis né à La Riche , ayant habité près du château avec mes parents maraichers ayant leur exploitation en partie sur l’emplacement du « fruitier » de l’intendant de Louis XI : la poirière .
Jean

Claude christ
Claude christ
25 jours plus tôt

Article qui met en lumière un monument souvent oublié et qui fut cependant important dans l’histoire de France.

Stefieh
24 jours plus tôt

Je connaissais bien évidemment l’histoire du Plessis pour avoir été le château de Louis XI et de la compagnie de Cano Lopez mais j’ignorais son rôle sanitaire avec le docteur Chaumier.