J comme… Jallanges, fief et château

Article de Évelyne LÉTARD du Centre Généalogique de Touraine

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Jallanges-les-Étangs au XVIIème siècle – Jalanges sur les cartes de Cassini et de l’état-major

carte de Cassini
carte d’État-major (1820-1866)

Ancien fief, il fut érigé en châtellenie en octobre 1631 avec union des domaines de la Galinière, de Rochereau et de Villemereau. Il relevait du château d’Amboise. Au XIVème siècle, la dîme de cette terre était levée au profit de l’archevêque de Tours.

La forteresse primitive fut reconstruite et remplacée à la fin du XVème siècle par une construction en briques et pierres, probablement entre 1494 et 1517, par Nicolas GAUDIN, 38ème maire de Tours (1504-1505).

Elle a été prolongée de deux ailes au XVIème siècle, puis remaniée vers 1850.

Dessin de BERGERON (dessinateur du XIXème)

Quelques propriétaires du château

La terre de Jallanges a appartenu en 1213 à René du PERRAY, chevalier-banneret ; en 1462 à Jean GAUDIN chanoine de Tours

Dans le dernier tiers du XVème, cette seigneurie se trouve partagée, ou indivise, entre plusieurs propriétaires. On y retrouve simultanément les THOMAS de SAINT-PAUL (1474), les HOUDAN et les PERROTS de SAINTE-MARTHE (en 1485 : Robert le HOUDAN, du chef de sa femme veuve de PERROT de SAINTE-MARTHE).

Les GAUDIN, propriétaires pendant vingt ans, semblent avoir rassemblé entre leurs mains les fragments du domaine divisé : Nicolas (Nicolle) GAUDIN, marchand demeurant à Tours, est notaire et secrétaire du roi, receveur des aides et tailles du Loudunois, seigneur de Jallanges et de Montifray en 1502. Frère de Victor GAUDIN, argentier de la reine Anne de Bretagne, qui avait acquis le 5 février 1502 diverses pièces de terre sises à Montlouis. il obtient la survivance de la charge d’argentier en 1504 à la mort de celui-ci (qui avait en outre acquis la Bourdaisière). Le 19 juillet 1502, Victor avait échangé avec son frère Nicolle la rente de 40 écus d’or qui lui était due sur les biens meubles et héritages de feu Thomas de Saint-Paoul… (Jallanges) contre la métairie de Conneuil lui appartenant.

Nicolas meurt avant 1517, sans enfants ni de sa première femmes Louise de la MAIZIÈRE, ni de sa seconde Louise BRIÇONNET (sa succession n’est pas retrouvée).

Suivirent

  • les RUZÉ (Jean vers 1510), état-major de grands parvenus que la faveur de Louis XI a fait sortir du haut commerce tourangeau ;
  • vers 1515 à Guillaume BARTHÉLEMY, contrôleur des finances de Bretagne ;
  • en 1520 à Philibert BABOU, chevalier, trésorier de France, dit seigneur de la Bourdaisière, Voillon, Sacierges, Prunyers, Cloux et Jalanges en partie ;
  • le 17 décembre 1522 Philibert échange, entre autres, ses droits, parts et portions… en la seigneurie de Jalenges et Grand Maison de Vernou avec Noble homme Messire François de BLANCHEFORT ;
  • en 1522 à François de BLANCHEFORT ;
  • en 1552 à Michel de BOUILLON et en 1575 à Françoise BERTHERAULT, sa veuve ;
  • en 1617 à François de BOUILLON ;
  • en 1640 à Denis le ROYER, conseiller au Parlement de Paris ;
  • en 1643 à Jean de MONS, secrétaire du roi ;
  • en 1648 à René PEYRAT, écuyer, maître d’hôtel du roi, marié à Marthe Le POSSON dont il eut un fils qui épousa, le 6 janvier 1649 dans la chapelle de Jallanges, Anne-Louise COLLINET, fille de Paul COLLINET, juge-magistrat au siège présidial de Tours ;
  • en 1663 Françoise d’ESPERONNET, veuve de Jean de PEYRAT ;
  • en 1672 à Nicolas LEFEBVRE, conseiller au Parlement de Bretagne ;
  • en 1696 à Claude LEFEBVRE de la FALLUÈRE, écuyer ;
  • en 1732 à Claude-Pierre LEFEBVRE, écuyer, et à un autre Claude-Pierre LEFEBVRE en 1748 ;
  • puis à Pierre-Claude LEFEBVRE de la FALLUÈRE sur lequel elle fut vendue nationalement le 9 floréal an VI (avril 1798).

Extrait de la généalogie du couple Claude-Pierre Le FEBVRE de la FALLUÈRE
et Anne Marie Marguerite de la BONNINIÈRE de BEAUMONT

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Le domaine, laissé quasi à l’abandon et sans aucune restauration depuis plus d’un demi-siècle, est la propriété de la famille FERRY-BALIN depuis 1984. Nombre d’évènements et soirées de gala y sont créés pour en financer la restauration.


Sources :
– J-X. Carré de Busserolle

– Étude sur les « Bâtis et demeures de Touraine » de Catherine BAS-DUSSEAULX, CGDT37
– Dessin et photo Gallica
– Bulletin trimestriel de la SAT (Société Archéologique de Touraine) T. XXVII 3–4T1939 et 1-2T1940 (site Gallica) : les GAUDIN Seigneurs de Jallanges, de Montifray et de la Bourdaisière (notes d’archives) par le Chanoine E. AUDARD
Notice historique et généalogique sur la maison BONNIN de la BONNIÈRE de BEAUMONT, marquis et comtes de Beaumont (Gallica – 1897)
Plan par © Sir Gawain / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0

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