A Tours mai sans fouère rend l’âme nouère…

En ce mois de mai 2020, un calme inhabituel règne sur le parc des expositions de Rochepinard. Traditionnellement, 250 000 visiteurs, 700 exposants, 120 attractions occupent cet espace de 50 000 mètres carré.
Les consignes de confinement lié au covid-19 ont contraint les organisateurs à reporter ce rendez-vous. C’est l’occasion pour nous de nous pencher sur l’histoire de cette manifestation.

Ses origines

La foire de Tours est l’héritière de 2 foires baptisées St-Christophe et St-Maurice présentes dans la ville à la fin du XIVème siècle et se tenant en mars et septembre.
En 1545, le Roi François 1er accorde à ces 2 événements le statut de foires commerciales franches exemptées de taxes afin de favoriser le commerce des produits manufacturés notamment les draps ou la soie. Tours est en effet la capitale de la soie en France.
Les 2 manifestations sont alors annuelles et organisées sur la Place Foire-le-Roi.
Elles seront supprimées au début du XVIIème siècle pour des raisons d’hygiène et notamment la crainte d’épidémies (peste) amenées par des visiteurs venus d’ailleurs.
A partir de 1782, les foires se tiennent de nouveau mais le long des bords de Loire, autour de l’actuelle Place Anatole France, grâce à l’action du Maire de Tours de l’époque : Etienne BENOIST de la GRANDIÈRE.

Étienne BENOIST de la GRANDIÈRE

Étienne Jacques Christophe BENOIST de la GRANDIÈRE est né à Tours le 24 juillet 1733. Il est le fils de Louis BENOIST de la GRANDIÈRE (1703-1788) ancien Maire de Tours et de Madeleine RABASCHE fille de Jean-Jacques RABASCHE Maire de Tours pendant 12 ans.
En 1780, il est directement nommé Maire de Tours par le Roi et le restera jusqu’en 1790.
Orientant son action sur le développement économique de la ville, il s’occupe à renforcer le lien entre la municipalité et le pouvoir royal et en tirer des avantages. A cet effet il réalise plusieurs séjours à Paris et à Versailles afin d’y défendre les intérêts de Tours.
En 1782, il obtient un arrêté ordonnant qu’une foire franche aurait lieu à Tours tous les 6 mois.

Pendant la Révolution, il est pris à partie par des Révolutionnaires et plusieurs fois menacé. Il parvient à arrêter plusieurs émeutes grâce aux approvisionnements qu’il réussit à obtenir pour la ville.
Sous la Terreur il est emprisonné par les Jacobins avec sa femme à la prison du Luxembourg et dans une prison de Châteauroux.
En janvier 1794, il fait partie des 52 détenus comme suspects ou contre-révolutionnaires avec son frère chanoine de la Cathédrale St-Gatien de Tours.
Il retrouvera la liberté après le 9 thermidor de l’an II (27 juillet 1794) qui marque la fin du régime de la Terreur.
Il créa de nouvelles voies de communication sur la province et restaura les places publiques, les rues, les marchés et les édifices de la ville. Il décéda le 18 décembre 1805 à Tours. Plusieurs voies de Tours seront baptisées en son hommage : rue de la Grandière, impasse de la Grandière, place de la Grandière (aujourd’hui place du 14 juillet).


La foire moderne

La foire va connaître un nouvel essor à partir de 1879, année où le Crédit Agricole décide d’exposer du matériel agricole devant la gare de Tours.
En 1921, elle prend sa forme moderne et la fête foraine s’y ajoute avec notamment un bal populaire et des animations culturelles. L’inauguration sera faite par le ministre du travail Charles Daniel-Vincent et l’événement prend le nom de « Grande Semaine de Tours ».

Au début des années 60, dans un contexte de profondes mutations de la ville de Tours, la foire change plusieurs fois de place et s’éparpille en différents endroits de la ville : elle s’installe d’abord à l’embouchure de l’ancien canal qui séparait Tours de Saint-Pierre-des-Corps, au bout du Bd Heurteloup, sur le Bd Béranger mais aussi dans le nouveau quartier du Sanitas en face du Palais des Sports.

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En 1963, pour offrir un meilleur espace d’exposition à la foire d’été, le maire, Jean Royer, fait déplacer la foire agricole sur le site de Rochepinard afin de désengorger le centre-ville et laisser libre cours à la foire et à la fête foraine.
L’année suivante elle est rejointe par celle de mai afin de regrouper en un seul endroit les différents lieux d’exposition.
Dès lors, la manifestation perd son nom traditionnel de « Grande Semaine de Tours » au profit de « Foire de Tours ».

Sources : Wikipédia (Foire de Tours)
Wikipédia (Étienne Benoist de la Grandière)
[HistLoire] (La Foire de Tours à travers les siècles)

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lemaire s
lemaire s
17 jours plus tôt

Bonjour, très bel article bien documenté et très bien rédigé et présenté.
Compliments, slc