L’école en Touraine autrefois (2ème partie)

Précédemment : L’école en Touraine autrefois (1ère partie)

Les maîtres : leurs conditions de travail

A l’école de Courçay, dès mai 1823, Pierre ROSSIGNOL est pourvu d’un logement au bourg dans la maison FILLON RICHET pour la somme de 45 Francs.
En 1841, on se rend compte que cette maison n’est pas appropriée pour une salle de classe : le propriétaire fera abattre une cloison pour l’agrandir à ses frais et la commune rétablir aux siens à l’issue des 3 ans de bail.

En août 1843, BOISSEAU instituteur à Courçay demande au préfet du mobilier scolaire.
En novembre le maire retranche de la liste les articles 6, 9, 10 et 15. En décembre 1844 il faut demander 48 F supplémentaires pour acheter un crucifix, un buste du Roi, une méthode de lecture, une carte de France, une d’Europe, une d’Asie, une d’Amérique, une d’Afrique et une mappemonde !
Rapport de l’Inspecteur d’Académie après sa visite à Courçay en 1864 : « La salle de classe est insalubre, basse de plafond, étroite, malsaine, elle aurait dû être interdite. »
En 1865, on achète un terrain où se trouvent plusieurs bâtiments ; un an après, le conseil vote un budget pour des travaux à exécuter « dans la nouvelle maison d’école afin de pouvoir y faire l’école. »

En 1873, le maire fait remarquer l’utilité de la construction d’une école observant que la maison provisoirement attachée à cet usage est tout à fait insuffisante. Un devis et un plan pour le mobilier des 2 écoles sont établis par l’architecte Paul RAFFET (2468,67 F honoraires compris !). Le conseil trouve évidemment cela au-dessus des ressources de la commune ! Il faut également acheter 2 estrades de maître, 1 bibliothèque, 40 tables pour 2 élèves, 2 tableaux à chevalet et 6 tableaux noirs ordinaires .
Il reconnaît aussi l’utilité de la gymnastique : la nouvelle école dispose d’un préau couvert dans lequel se trouve une pièce de bois pouvant supporter plusieurs agrès et appareils de gymnastique.
En 1899, le maire demande de voter la contribution de la commune à l’achat d’un appareil de projection cinématographique qui restera propriété de la commune (1956 pour Cormery…).
En 1914, on apprend que Courçay a l’électricité depuis 2 ans et que c’est l’instituteur qui est chargé de l’entretien et du remontage de la pendule chargée de fournir l’éclairage publique.
En janvier 1930 le maire présente au conseil le projet d’installation de lampes électriques dans les classes ; le devis est accepté.
En 1946, la loi Baranger permet l’achat pour les sciences d’une loupe, un compendium scientifique, des produits chimiques, 2 thermomètres intérieurs, un baromètre, un fer à souder électrique, la soudure, la pâte à souder, un grattoir…
En janvier 1958, comme il reste 33150 F, le conseil demande au préfet d’employer cette somme à l’achat de tables et bancs pour les écoles.

Les maîtres : leurs conditions de vie

A l’école de Reignac, le maire observe en 1827 « que le prix que les parents donnent (à l’instituteur) est insuffisant pour subvenir à son entretien, chauffage, nourriture et logement ; que durant l’année il n’aura pas toujours un aussi grand nombre d’écoliers, qu’à l’époque de la moisson ou des vendanges il n’aura même personne, que cependant il faut exister, qu’en outre, l’instituteur vient de faire une maladie assez longue qui l’a entièrement dénué de toutes ressources ».


Le conseil vote 60 F à l’instituteur BERGERON (retraité de l’armée) au lieu des 100 F demandés.
En 1833, il décide d’allouer 120 F à THIMON (qui était déjà instituteur privé à Reignac) si celui-ci « formait un établissement » dans l’année quand il aura pris une épouse laquelle devra instruire les jeunes filles… Comme il n’a pas rempli cette condition, 6 membres du conseil sur 9 refusent de lui accorder son loyer. Pour 1835 il ne lui sera accordé aucune somme !
En janvier 1836, la délibération note que « la commune est privée depuis quelques temps d’un instituteur communal ».
En décembre 1837, le sous-préfet de Loches demande au conseil de donner un logement plus convenable à l’instituteur qui est également secrétaire de mairie et obligé de recevoir les habitants de la commune à toute heure du jour.
En mai 1840, les filles n’ont plus d’institutrice ; le conseil propose de fournir le logement et de subvenir aux besoins de 2 soeurs de charité.
En novembre 1860, le maire propose de monter « une cloison en planches dans la classe comme logement provisoire pour y coucher et d’ouvrir la cheminée déjà existante si toutefois ces dames l’exigent » !
Des achats se succèdent 1866 : placard et planches 1874 : torchons draps et serviettes pour les soeurs 1894 : 100 F pour un fourneau en fonte pour la cuisine de l’école de filles.
Après le départ de l’institutrice en 1903 le maire constate que le logement est infesté de punaises. Il a vainement essayé de les faire détruire ; le logement sera repeint, les pièces d’habitation et l’escalier tapissés.
En 1931, on se rend compte qu’il faudra du temps pour achever la nouvelle classe de garçons, le maire propose donc de couper la salle de classe en deux ; une institutrice-adjointe est nommée en octobre.
En juin 1936, les deux classes se trouvent toujours dans l’ancienne salle coupée en 2 et l’effectif a augmenté. Cela « est préjudiciable au travail scolaire et à la santé des élèves et des maîtres ».
A la rentrée 1940 on décide de refaire trois pièces du logement de l’institutrice.
En 1954 malgré les travaux faits dans le logement de l’institutrice, celle-ci proteste et demande que soit refaite sa salle à manger qui sert en même temps de bureau pour recevoir les parents mais le conseil maintient sa décision à l’unanimité…

Brevet de capacité d’enseigner délivré par l’académie de Poitiers à Mademoiselle BRUNET (grand-tante maternelle de LÉTARD Evelyne adhérente CGDT)

Les élèves

A l’école de Truyes, les registres signalent dès 1819 beaucoup d’enfants dont « les parents sont indigents et dans l’impossibilité de faire aucun déboursement pour leur instruction ». La rétribution mensuelle n’est fixée qu’en 1837 à 1,50 F et 2 F. A partir de cette date, plus d’instituteur à Truyes. En 1840, certains parents demandent au maire de leur obtenir des places gratuites à Cormery ; ce sont en effet les enfants pauvres qui sont privés d’instruction, les enfants de familles aisées pouvant prendre des précepteurs privés.


En 1846 et 1847 les indigents sont 8 (5 « lecteurs » et 3 « écrivains »). Un conseiller fait remarquer « qu’il est pénible de voir plus des trois quarts des enfants de la commune qui restent sans fréquenter l’école. Les enfants de la campagne (Truyes ?) fraternisent toujours difficilement avec ceux des villes (Cormery ?)… ceux de Truyes ne se sont jamais bien accordés avec ceux de Cormery… La maison d’école se trouve à l’extrémité de la ville et il faut traverser le pont suspendu et la ville toute entière pour y arriver. »
En 1863, la séparation d’avec Cormery obtenue, l’école de Truyes sera tenue par des religieuses.
En 1919, ce sont 50 F qui sont votés pour les fournitures des indigents.
En 1924, 1800 F sont votés pour les fournitures scolaires dorénavant soldées par les communes. Le premier marché de gré à gré est passé pour les fournitures entre la librairie papeterie GAMBIER de Tours et la commune pour l’année 1924-1925.
En novembre 1935, proposition de la création d’une cantine scolaire. Les enfants qui en feront la demande paieront 50 centimes et la commune donnera la même somme fournissant en plus « les choses indispensables à cet usage ».
En 1936 la somme prévue par l’instituteur pour les fournitures de ses garçons se révèle insuffisante car « ils sont venus en plus grand nombre ».
En 1938 le conseil décide de faire payer 8 F par mois aux enfants venant à l’école sans être de la commune.
En 1947, on propose l’aménagement d’une cantine dans le prolongement de la maison de l’instituteur.

Sources : Ecoles et écoliers de Touraine (Alain Jacquet) éditions La Simarre
Archives Départementales d’Indre-et-Loire
Pinterest.fr (école d’autrefois)

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