O comme… Outils du parfait petit jardinier



Article de Catherine ROUQUET
du Centre Généalogique de Touraine

Depuis le Moyen Âge jusqu’au milieu du siècle passé, la tâche du jardinier a peu évolué. Il doit bêcher, ratisser, sarcler, tailler, semer, récolter…

La plupart des outils en bois sont fabriqués par le jardinier lui-même, tandis que le forgeron façonne les lames de son outillage. Certains sont même ornés de fleurs, feuilles, cœurs, ou marqués aux initiales de son propriétaire.

Transmis de père en fils, cet outillage est resté longtemps archaïque, d’une extrême lourdeur.

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La bêche est le plus utile de tous les instruments du jardinier. Elle sert à creuser et remuer la terre. En retournant la couche superficielle du sol, le bêchage aère la terre, détruit les mauvaises herbes, enfouit les engrais, facilite la germination et la pénétration des racines des plantes. Elle est un outil en fer trempé, de forme trapézoïdale, mince du bas, plus épais du haut, emmanché verticalement sur un manche.
Le louchet est beaucoup plus solide que la bêche. Cela vient de sa fabrication. Le louchet est forgé, trempé et son manche est monté avec une « plume », pièce de métal soudée qui renforce considérablement l’outil.
Le bêchelon ou la houlette est une version plus petite. Le fer creusé en gouttière permet d’extirper les mauvaises herbes ou déplanter et transplanter des jeunes plants.

La pelle est constituée d’une plaque de tôle d’acier. L’outil sert à la manutention de la terre, du charbon, du terreau ou du sable. Il est utile dans les travaux de terrassement, pour le transport des pommes de terre et des betteraves et pour la réalisation des sentiers de jardin.

Parfois la panne est remplacée par deux ou trois dents. Elle s’utilise alors pour les labours légers et les binages. Elle est proche de la houe fourchue et présente l’avantage de ne pas sectionner les racines traçantes des arbres fruitiers ou des arbustes d’ornement.

La pioche, instrument de terrassier et de cultivateur, est généralement formée d’une partie pointue, le pic, et d’une partie large et coupante, la panne, toutes les deux reliées par un œil où s’adapte le manche. La pioche sert pour le défoncement.

La fourche peut être en bois ou en fer, à deux ou plusieurs dents. Elle sert à la manipulation des fourrages, fumier, paille ou compost. La fourche en bois est faite d’un seul morceau en bois de frêne, d’orme ou de châtaignier. La fourche en fer ou en acier se fixe sur le manche par une douille.

La fourche crochue est un outil de jardinage avec des dents recourbées à l’extrémité, ressemblant à un croc. Elle est utilisée pour retourner et déplacer des matériaux plus lourds, comme la terre argileuse, le compost, ou même pour enlever des racines. C’est un outil puissant, mais plus adapté aux tâches exigeantes en terme de force.

La fourche bêche ou crochet plat est un outil de jardinage qui ressemble à une bêche traditionnelle, mais elle possède des dents ou des pointes plus larges à la base du fer. Ces dents permettent de creuser plus profondément dans le sol tout en préservant la structure du sol. Elle est utilisée pour aérer le sol, ameublir la terre et préparer le terrain pour la plantation. Elle est idéale pour le jardinage de précision et la préservation de la structure du sol.

Le râteau est monté sur un manche en bois avec dents en fer ou en bois. Le râteau à dents de fer permet de pulvériser les mottes superficielles de la terre fraîchement labourée, d’en niveler la superficie, d’enterrer les graines semées à la volée, de ramasser les pierres, les racines et autres éléments gênants que le labour à la bêche a amenés à la surface.

La serfouette se compose d’un manche en bois enchâssé dans une douille de fer portant d’un côté une lame étroite et plate et de l’autre une, deux ou trois dents. Le côté fourchu sert à émietter le sol ou à lutter contre les mauvaises herbes à racines profondes. La lame sert à scarifier les cultures. Elle coupe les mauvaises herbes au ras du sol. Le côté pointu sert aussi à tracer des sillons pour aligner les jeunes plants à semer ou à repiquer.



La houe est l’outil le plus primitif, la charrue du pauvre.

Geste millénaire de l’homme qui lève l’outil au-dessus de sa tête puis la laisse tomber avec force pour frapper la terre. Celle-ci est tranchée en biais puis soulevée au-dessus de la surface du sol.

La houe est un instrument coudé à long manche, armé d’une lame de fer emmanchée obliquement.

La binette est utile pour ameublir le sol superficiellement, sarcler la terre en surface pour l’aérer et couper les herbes indésirables. Très légère, la binette est un outil de petite dimension muni d’un fer mince et plat, ou de dents, relié au manche.

On utilise le cultivateur pour le surfaçage. Il est muni de 3 à 5 dents recourbées et terminées par de petits éperons qui pénètrent dans le sol comme une herse lorsqu’on le tire. Il permet par un mouvement de rotation de biner les terrains légers, d’enfouir les engrais et de déloger les mauvaises herbes. Les dents laissent passer les cailloux. On enlève les gros mais on laisse les petits car ils aèrent la terre.

Le sarcloir enlève des herbes nuisibles en ameublissant le sol en surface. Il possède une lame plate plus ou moins large munie d’un manche long ou court. Il sert parfois à lever le plant destiné à être repiqué. Les plantes qui réclament de fréquents sarclages sont les pommes de terre, les betteraves, les rutabagas, les topinambours, les carottes, les navets, les panais, les choux et les citrouilles.

La faux se compose de deux parties : la lame sectionne les tiges et le manche en bois sert à la fois à transmettre l’effort et à guider le mouvement de la lame. Celle-ci est une tôle d’acier mince, tranchante par un de ses bords et renforcée par une nervure sur le bord opposé au tranchant.

Lorsque la faux est armée, on ajoute au manche une armature en bois destinée à recueillir les tiges coupées et à faciliter leur dépôt régulier sur le sol.

On affûte la lame par battage, c’est-à-dire par martelage à froid sur une enclumette.

L’affilage se fait au cours du travail à l’aide d’un couteau ou d’une pierre que le faucheur porte dans un coffin.

La faucille est formée d’une lame en acier courbée en forme de croissant. On s’en sert pour couper des céréales ou faucher des herbes. La faucille se manie de la main droite, tandis que la main gauche maintient les herbes réunies en un faisceau. Un paysan adroit peut couper en un jour 15 à 25 ares avec la faucille, le triple avec la faux.

La cognée, également appelée hache à fendre sert à l’abattage des bois très durs dont on doit couper les racines pour abattre le tronc. C’est l’outil du bûcheron par excellence. Elle est aussi utilisée pour couper et fendre des bûches en bois de chauffage et est conçue pour être manipulée à deux mains. Les deux parties d’une cognée sont une lame tranchante généralement en acier, attachée à un manche en bois

La hache est un outil ancestral monté sur un manche en bois. Initialement en pierre taillée, c’était une arme de combat rapproché. Elle est aujourd’hui formée d’une lame en fer ou en métal. On l’utilise pour couper du bois.

La serpe est un outil indispensable pour l’arboriculteur qui l’utilise pour greffer et tailler les arbres fruitiers. Elle sert également à émonder les arbres c’est-à-dire à couper les branches inutiles. C’est une sorte de couteau à manche épais, droit ou arqué, dont la lame unique est tranchante, cintrée et pointue. Elle est munie d’une dent à l’opposé du tranchant

La scie sert à couper les arbres et les branches.
Elle est formée d’une lame d’acier mince dans laquelle sont taillées des petites dents.

L’émondoir sert à supprimer les jeunes branches inutiles et nuisibles d’un arbre fruitier ou d’ornement. Bordé de plusieurs parties tranchantes, il permet de couper les branches en hauteur sous différents angles. Un crochet est quelque fois ajouté pour dégager les branches émondées et les rabattre vers le sol.

L’échenilloir est un outil pour tailler des arbres et arbustes fruitiers ou ornementaux. La partie coupante, est un gros sécateur fixé sur un manche télescopique de plusieurs mètres. Il est actionné par un système de poulies et de cordelette. C’est l’outil idéal pour la taille douce et permet de tailler des rameaux jusqu’à 4 cm de diamètre en sécurité au sol. Les branches hautes, mortes ou mal placées, seront vite éliminées grâce à cet outil.

Sans oublier…

Le sécateur est une sorte de cisaille, (mélange entre des ciseaux et des tenailles), qui bien aiguisé sert à couper les tiges des plantes herbacées et les petites branches des buissons. Le sécateur à ressort se manie d’une seule main.
L’une des mâchoires en forme de croissant sert de point d’appui au rameau, tandis que la lame tranchante, qui constitue l’autre mâchoire, permet de le sectionner assez franchement.
Un ressort à boudin ou à spirale commande l’écartement des mâchoires.

Le cordeau sert à tracer les alignements des planches, des sentiers et des plates-bandes et sert de guide pour semer et planter en ligne droite. C’est une longue corde qui est fixée aux deux extrémités à un petit piquet autour desquels on l’enroule quand on a fini de s’en servir.

Le plantoir est un pic métallique ou en bois avec un manche droit ou recourbé qui sert à faire des trous pour installer les poireaux, les choux-fleurs ou les jeunes fleurs à repiquer. Et pour les plantes plus volumineuses, on utilise un transplantoir qui ressemble à une petite pelle.

Les plus anciens arrosoirs étaient en terre cuite. Ils étaient aussi lourds que fragiles. Au 18ème siècle, les arrosoirs des belles demeures brillent de tout leur cuivre. Ils varient surtout par la taille et la forme de leur anse. Plus tard, dans les fermes de nos campagnes, les arrosoirs seront en zinc, en tôle ou en fer.
L’arrosoir est plus ou moins ventru ou aplati sur les côtés pourvu d’une anse arrondie en demi-cercle. Certains sont munis d’une pomme amovible, d’autres pas, ce qui permet d’adapter le débit de l’eau.

La cisaille de jardin est cette sorte de grande paire de ciseaux que l’on utilise pour couper des rameaux verts et des feuillages. Elle est constituée de deux lames à recouvrement (qui viennent se chevaucher en position « fermée »), chacune prolongée par une poignée.
Sa longueur varie selon les modèles : 20 cm pour les plus courtes et jusqu’à 60 cm pour les plus longues.
Ses lames sont toujours en acier afin d’être robustes. Elles sont droites et identiques comme celles des ciseaux de couture ou de bureau, mais il existe également des lames ondulées et/ou crantées réputées plus efficaces mais moins précises.

Et hop ! Tout dans…

La brouette est couramment utilisée dans le jardinage, la construction, l’agriculture et d’autres activités nécessitant le déplacement de matériaux variés.
Certaines brouettes permettent d’augmenter leur capacité de chargement en supprimant les deux côtés amovibles, ce qui est particulièrement utile pour transporter des charges plus importantes.

Le jardin nous attend !


Sources :

https://laterreestunjardin.com/les-outils-du-jardinier/
photos : collection personnelle
https://histoiresdoutilsartisanaux.fr
/

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Hélène - Pellepioche
Hélène - Pellepioche
2 années plus tôt

Très chouette illustration des outils qu’on peut voir passer dans les inventaires après décès, merci beaucoup !

Claude christ
Claude christ
2 années plus tôt

Ne pas oublier le râteau à feuilles, qui en automne est un outil indispensable, le rouleau qui sert à aplanir les surfaces à ensemencer, …
Belle rétrospective.

Gérard Foussier
Gérard Foussier
2 années plus tôt

Formidable. et quelle belle lecon de vocabulaire. Féliciations.
Seriez-vous intéressée par un papier consacré au fossoir (ou foussoir) utilisé surtout pour le travail de la vigne par les fossiers – un vocable qui est resté comme patronyme après avoir désigné le travail des employés de l’église qui jadis creusaient les tombes pour les défunts (les ancêtres des fossoyeurs donc).
J’ignore si mes ancêtres ont été fossoyeurs, mais beaucoup ont travaillé dans les vignes de Touraine – je préfère.