N comme… Nature tourangelle par André BAUCHANT


Article de Patricia PILLORGER
du Centre Généalogique de Touraine

André est né le 24 avril 1873 à Château-Renault, dans le quartier du Pichon, celui des tanneurs. Il est le deuxième enfant du couple Julien BAUCHANT, jardinier, et Adelaïde ROMIAN, couturière.
À 14 ans, André débute comme pépiniériste aux côtés de son père Julien et de son frère Hyppolite. Une exploitation familiale renaudine créée par Julien, un « enfant trouvé de Paris », et à la tête de laquelle se succèdent 4 générations de BAUCHANT : 1/ Julien – 2/ Hyppolite – 3/ Emile – 4/ Jean-Claude, avant de fermer ses portes il y a une vingtaine d’années.

Passionné par l’Histoire et la nature, André dévore les livres pour occuper son temps libre. À 20 ans, le jeune homme d’1,70 m aux yeux bleus et cheveux châtains, effectue son service militaire bien qu’il aurait pu être dispensé pour soutien de famille. Affecté au 66ème Régiment d’Infanterie, il est libéré en novembre 1895.

Le 25 juin 1900, André épouse Adélaïde BATAILLON, une descendante de tanneur. Pour leur voyage de noces qu’ils feront à Paris, ils visitent l’Exposition universelle, notamment le pavillon des Beaux-Arts. À leur retour, le couple s’installe à Château-Renault : André continue son métier de pépiniériste et crée sa propre exploitation. En 1911, ils résident rue de la République.

En 1914, à 42 ans, il est mobilisé et affecté à un bataillon de chasseurs à pied. Il est envoyé aux Dardanelles où il a le sentiment de retrouver la Grèce qu’il avait découverte dans ses livres. Il crayonne régulièrement les paysages qui l’entourent.
Rapatrié en France pour raison de santé, il suit une formation de télémétreur[1] pour les Armées et acquiert le principe de reproduire avec précision les paysages et les reliefs. Il se découvre surtout un talent de « dessinateur » qu’il ignorait. Il participe à la campagne contre l’Allemagne jusqu’en janvier 1919, où il est renvoyé pour un congé illimité.

A son retour à Château-Renault, il retrouve son épouse, Adélaïde, malade et son exploitation en friches. Il abandonne son exploitation et décide de s’adonner tout entier à son art. Le couple s’installe à Auzouer-en-Touraine. Retirés dans un ancien moulin à tan au milieu des bois, ils manquent de ressources. André peint dans une pièce sans lumière et sur n’importe quel support : cuivre, carton, draps, bois, avec les restes de peinture achetés à un peintre en bâtiment.

En 1921, à l’occasion du Salon d’automne[2], neuf de ses toiles sont retenues. Le succès arrive.

En 1927 et 1928, la galeriste Jeanne BUCHER organise une exposition à Paris ; elle y présente 75 toiles d’André BAUCHANT. Cette même année, il s’installe avec son épouse dans une maison isolée, en pleine campagne auzouérienne, où André peint à plein temps des scènes mythologiques et historiques, des portraits de ses proches et de ses amis, de la nature avec des paysages et des animaux. Le directeur des ballets russes lui commande le décor du ballet « Appolon musagète ».

En 1937, avec les principaux peintres autodidactes de l’avant-guerre, André participe à une exposition organisée à Paris, puis présentée en Europe et à New-York. Ses tableaux se vendent dans le monde entier. En 1943, son épouse décède, il se remarie quelques années plus tard avec Maria Augusta JOLY, sa gouvernante.

En 1949, 215 de ses toiles sont exposées à Paris dans la galerie Charpentier, rue du Faubourg-Saint-Honoré. L’année suivante André est promu au grade de Chevalier de la Légion d’honneur.

Agé de plus de 80 ans, André souhaite se rapprocher de la ville et s’achète une maison à Montoire-sur-le-Loir (41), à quelques kilomètres de Château-Renault. Il y déménage son atelier et continue à peindre des paysages, des scènes de vie et des fleurs de la vallée du Loir. Beaucoup d’amis de Tours ou de Paris viennent lui rendre visite.

André disparaît à 85 ans au cours de l’été 1958, laissant une collection très colorée de plus de 3000 œuvres réalisées sur les quarante dernières années de sa vie, contenant une belle représentation de la nature tourangelle.

Nous remercions les arrières-petits-neveux du peintre et l’association des Amis d’André BAUCHANT
pour les informations qu’ils ont partagées.

Paysage de Touraine avec personnages

[1] Spécialiste de la mesure au télémètre, instrument qui permet de calculer la distance séparant un observateur d’un point éloigné par des procédés optiques.
[2] Association reconnue d’utilité publique qui fait découvrir les jeunes artistes en présentant leurs œuvres.


Sources :
– Archives départementales d’Indre-et-Loire (37), Morbihan (56), Paris (75), registres paroissiaux et d’état civil
– Gallica, bibliothèque numérique de la BNF, « un peintre de chez nous, André BAUCHANT », Bulletin de la Société archéologique, scientifique et littéraire du Vendômois, année 1958, pages 33 à 35.
– Site de l’Association des amis d’André BAUCHANT, André Bauchant (free.fr) et page FaceBook, Association des Amis d’André BAUCHANT, l’artiste, visités en février 2023

Partager via :
4.8 4 votes
Évaluation de l'article
S'abonner aux commentaires
Me notifier des
guest

0 Commentaires
plus anciens
plus récents plus de votes
Inline Feedbacks
View all comments