
d’après une étude de Catherine BAS-DUSSEAULX,
vice-présidente d’honneur
du Centre Généalogique de Touraine
Sous l’Ancien Régime, les moulins à eau spécialement équipés pour la fabrication des feuilles de papier sont soumis à l’autorité de l’administration royale, puisqu’ils fabriquent le « papier timbré » (feuille portant un timbre à l’encre grasse, obligatoire pour la rédaction de certains actes juridiques).
Au XVème siècle, la demande de papier se faisant plus pressante, certains moulins à farine transforment leurs installations et deviennent des moulins à papier. La roue actionne désormais un arbre à cames qui soulève et laisse retomber des maillets aux têtes armées de clous dans une ou plusieurs cuves taillées dans la pierre contenant un amas de chiffons déchiquetés et trempés pendant au moins 3 mois, mélangés à de la colle animale.


En 1673, les Hollandais inventent la pile hollandaise ou « cylindre hollandais » : il s’agit d’un cylindre de bois, serti de lames de métal qui frottent sur une platine constituée de lames fixées au fond de la cuve déchiquetant les chiffons à leur passage. Le pourrissoir n’est plus nécessaire et le défibrage se fait en 3 ou 4 heures.
Dans tous les cas il en sortira des feuilles qui seront essorées à l’aide d’une presse et mises à sécher dans un courant d’air.
Le travail annuel des différents moulins de Touraine peut fournir environ 7 000 rames.
Peu de moulins à papier en tout cas en Touraine. Une enquête de 1804 en dénombre seulement 5 :
- à Courçay, le moulin de la Doué devient moulin à papier en 1533
- à Loches, le moulin de Corbery est cité comme moulin à papier dès 1533 là aussi (il possédait une seule cuve et fut tenu par la famille LESOURD de 1613 à 1789).
La famille LESOURD, papetiers de pères en fils
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Sources :
– ORSATELLI Jean : Les moulins (Jeanne Lafitte 1979)
– AUDIN Pierre : Moulins de l’Indre tourangelle (Seria 2001)
– AD37 – Collections de Touraine
– Wikipedia
– Base37 CGDT, Geneanet


Très intéressant d’appredre le fonctionnement de ces moulins – merci