T comme Thibaudière et Breuil, Tue-loup

La Thibaudière

Le 12 janvier 1780, par devant Me BOISEQUET, notaire, comparaissait messire Claude-François GAILLARD, écuyer, fourrier au logis du roi, ancien capitaine d’infanterie, chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, demeurant ville d’Amboise et ses co-héritiers à l’effet de vendre : la maison, closerie et métairie de la Thibaudière, paroisse de Chambray. Celle-ci est ainsi décrite : « un grand corps de logis consistant dans une grande salle boisée à cheminée, un salon à manger aussi à cheminée, une cuisine avec four dedans. A côté de la grande salle est une tour avec escalier pour communiquer avec les trois chambres ».

Une seule chose a changé depuis cette lointaine époque, la destination de l’immeuble transformé depuis en exploitation agricole. Bien que celle-ci soit à son tour disparue, la grande salle boisée est aujourd’hui encore occupée par un cellier avec son pressoir et ses futailles et les boisseries évidemment ne sont plus là. Par contre, presque toutes les cheminées énumérées dans l’acte sont intactes. Celles accrochées au pignon sud permettent de dater le logis du milieu du XVIème siècle. Au rez-de-chaussée, la hotte porte un blason dans une couronne de feuillage, tandis que celle du dessus, aux jambages enfouis dans le fourrage, s’orne d’une corniche au plafond, mais voit ses pierres se desceller lentement. Dans la pièce voisine, le linteau est en bois avec un écu vierge sculpté au centre.

La façade exposée au soleil levant est percée d’une porte en plein cintre et d’ouvertures qui toutes ont été regrettablement remaniées. Par chance, le comble est éclairé par deux grandes lucarnes de pierre en assez bon état ; un meneau plat les partage en deux panneaux verticaux. Leur fronton triangulaire supporte au sommet et à la base du rampant un pot à feu plus ou moins détérioré. Une lucarne plus simple existe sur l’aile adjacente placée légèrement en retrait au nord et datant probablement du XVIIème siècle.

A l’ouest, le bâtiment est flanqué au centre d’une élégante tourelle circulaire entièrement appareillée en pierres de taille. Elle renferme un escalier à vis en bois, prenant jour au sommet par trois petites baies rectangulaires. Le noyau est constitué par un seul tronc d’arbre d’environ sept mètres cinquante de haut où est taillée une moulure servant de main courante.

Dans une propriété voisine existe une énorme tour servant sur une partie de sa circonférence de pignon à une grange, alors qu’ailleurs ne subsiste plus que la base des murs. Les empreintes des niches à pigeons qui se remarquent à l’intérieur prouvent que l’on est en présence de la fuie mentionnée dans l’acte de vente de 1780. On la dit alors « garnie de ses boulins et de son échelle tournante ». 

CARRÉ de BUSSEROLLE donne peu de renseignements sur la Thibaudière qu’il cite d’ailleurs sous le nom de la « Thibauderie ». Il indique seulement que la dîme était perçue par le prieuré de Bois-Rahier (prieuré de Grandmont à Saint-Avertin). Le domaine constituait un fief figurant sur le rôle de 1639 avec un revenu annuel de 40 livres sous la mention : « Fief d’Izernai et du Breuil alias la Thibaudière ».

Appartenant de 1895 jusqu’en 1970 à la famille LETELLIER qui l’a maintenu soigneusement hors d’eau, ce vieux logis, malgré son délabrement intérieur, n’est pas un monument en péril. Il est à souhaiter cependant qu’il soit un jour, aussi proche que possible, remis en valeur comme il le mérite.

Ils ont vécu à la Thibaudière…

Le Breuil alias « La Thibaudière » au XVIIe siècle

Ce fief relevait de Montbazon. En 1509 il appartenait à Martin RUZÉ et, au XVIIe, à la famille MENARD. Françoise MENARD, veuve d’Antoine COUENY, receveur des tailles à Chinon, le vendit à Joseph-Jean AUBRY le 12 juillet 1759. Au XIXe siècle, il appartint à DUBIN MONJALLON, RIDEAU Étienne, LECLAIR Joseph David (2), VOUTEAU David père (ce dernier domicilié rue de la Dolve à Tours), PASQUEREAU MONJALLON, DUBAIN PASQUEREAU, DUPONT François à Saint-Avertin, JOLY Mathurin, RIDEAU TRINQUART, TERA Louis (succession) mineur, DEJAQUET à Chambray, VOUTEAU Charles, puis à la famille PAINCHAUX.

Ils ont vécu au Breuil…

Tue-loup

Hameau près de la Galandrie.
Ne cherchons pas trop l’origine du nom… Il y eut parfois des chasses aux loups dans toute cette partie de la commune.

Partager via :

1
Faites un commentaire

avatar
1 Les auteurs de commentaires
brevet Auteurs récents de commentaires
  S'abonner aux commentaires  
plus récents plus anciens
Me notifier des
brevet
Invité

C’est beau un bâtiment qui a traversé les siècles et laissé des archives nous conter quelque peu son histoire et faire sa description à un moment donné.