V comme… le château des Vallées et sa célèbre châtelaine, Mado ROBIN

Article d’Évelyne LÉTARD du Centre Généalogique de Touraine

o 0 o

Situé près d’Yzeures-sur-Creuse, dans le sud de la Touraine, le château des Vallées a résonné des vocalises de la célèbre cantatrice soprano, Mado ROBIN, la voix la plus haute du monde.

Le château des Vallées, situé sur la commune de Tournon-Saint-Pierre en Indre-et-Loire bornée au nord et à l’ouest par la commune d’Yzeures-sur-Creuse, est un château construit au XIXème siècle sur l’emplacement d’une demeure plus ancienne détruite à la Révolution. Il s’appelait déjà Les Vallées sur la carte de Cassini de 1682.

Après avoir été la propriété au XVIIIème de la famille LHÉRITHIER de CHÉZELLES, dont est issu Samuel LHÉRITHIER de CHÉZELLES général napoléonien et baron d’empire,  le domaine a été vendu en 1844 à Théophile Auguste Aymé DOYEN qui construisit le château actuel composé d’un corps de logis sur trois niveaux, entouré de deux tours. Il reste dans la famille DOYEN jusqu’en 1925, année durant laquelle les parents de la future cantatrice Mado ROBIN s’en portent acquéreurs.

Après la Seconde Guerre mondiale, le château est racheté en 1948 par la famille d’un médecin du Nord, puis en 1958 par une colonie de vacances de la ville de Chevilly-Larue. Il est aujourd’hui privé et a été transformé en chambres d’hôtes.

©º°¨¨°º©

Mado ROBIN

Le 29 décembre 1918 naît dans le bourg d’Yzeures-sur-Creuse une petite fille du nom de Madeleine Marie ROBIN, fille de Jules Émile ROBIN, commerçant en bestiaux, et de Mathilde Marie Adèle BROUARD.

Recensements de Tournon-Saint-Pierre en 1931 : Mado a 12 ans et
habite aux Vallées avec ses parents

Dès l’âge de 13 ans, Mado commence à travailler sa voix avec l’épouse d’un chef d’orchestre, pour son plaisir personnel. Plus tard, elle étudie le chant sous la direction de Mario PODESTA, ce qui lui permet d’épanouir son talent.

En 1937, à l’âge de 19 ans, Mado est fortement encouragée à se présenter à un concours de soprano débutant organisé par l’Opéra de Paris où elle obtient facilement le 1er prix, possédant une maîtrise parfaite de sa voix.

Très demandée, elle voit ses engagements ralentir avec la déclaration de la guerre : elle donne en 1942 son premier récital à la Salle Gaveau, puis se produit à la Libération au Théâtre ABC à Paris et obtient un succès éclatant au Palais Garnier en décembre 1944.
Elle signe un contrat en 1945 avec l’Opéra de Paris et fait un triomphe dans Rigoletto en février puis, quelques mois plus tard dans La Flûte Enchantée de Mozart. Elle connaît en 1946 son plus grand succès dans le rôle de Lakmé, son rôle fétiche.

Fin 1950, Mado enregistre son premier microsillon à Londres.

Sa carrière l’entraîne en Tunisie, Monte-Carlo, Belgique, Luxembourg, Allemagne, Suisse, Monaco, à New-York, à Londres, à Barcelone et obtient la consécration internationale avec sa voix de cristal dans des vocalises à couper le souffle.

Cliquer sur le 33T pour écouter les enregistrements sonores de la BnF – Gallica

Début 1960 la chance commence à l’abandonner et les premiers signes de sa maladie apparaissent. Le 28 juillet est l’occasion de sa dernière apparition en public à Aix-les-Bains lors du Gala « Orgueil et Gloire de la France ».

Mado meurt le 10 décembre 1960 dans son appartement de la rue Ampère à Paris ; une minute de silence est observée dans tous les opéras lyriques de Paris…
Ses obsèques sont célébrées en l’église Saint-François-de-Salle à Paris. Elle repose au cimetière d’Yzeures-sur-Creuse, là où se trouvent toutes ses racines, où elle est née et s’est mariée.

©º°¨¨°º©

Emile ROBIN entouré de ses trois filles et leurs époux (de gauche à droite)
Madeleine et Georges Smith – Alice et Louis Roy – Germaine et Pierre

(collection Musée Mado Robin)

Denise ROBIN, nièce de Mado qui l’a accompagnée dans ses tournées, a épousé G… PAILLER en 1921, arrière-petit-fils de Louis PAILLER (1833-1888) et Aimée CONCHE (1842-1905), arrière-arrière-grand-parents de ma maman, Liliane SAULAY. Une partie de ma branche maternelle, et donc de mes cousins, est au Blanc (36).


Sources :
– Archives départementales d’Indre-et-Loire : relevés en ligne
« Mado ROBIN : son ascendance aux confins de trois provinces, Touraine – Berry – Poitou » de Philippe & Pierrette MIRANDA-RENONCIALE (Publication CGDT, 2011 – Boutique tourainegenealogie.org)
Wikipedia
– Étude sur les « Bâtis et demeures de Touraine » de Catherine BAS-DUSSEAULX, CGDT37
– Un grand merci à la commune d’Yzeures-sur-Creuse et au personnel de la médiathèque et du Musée Mado Robin pour leur accueil chaleureux et l’excellence de ce musée !

4.7 6 votes
Évaluation de l'article
Partager via :
S'abonner aux commentaires
Me notifier des
guest

2 Commentaires
plus anciens
plus récents
Inline Feedbacks
View all comments
Degenne
12 jours plus tôt

Je cousine aussi avec Mado Robin ! Merci pour cet article.

Dominique Lenglet
12 jours plus tôt

Courage ! dernier coup de collier pour le carré d’as du Challenge, les lettres WXY et Z.