M comme… les successeurs de « Mme MONTANT » au Château de Leugny, du XIXème à nos jours

Article de Claude CHRIST, adhérent du Centre Généalogique de Touraine

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Dans l’article intitulé L comme… Leugny, château à Azay-sur-Cher des origines connues à la fin du XVIIIème siècle publié le 14 novembre, nous avons laissé le château entre les mains de Olive Rose Jacqueline MONTAUT. Voici la suite de son histoire et de ses propriétaires…

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1806

Après le décès de « Mme Montant », Leugny fut adjugé le 6 août 1806 à François Joseph Emmanuel LEGRAND de MARIZY de VAUTOURNEUX.

Son père, François Joseph, était « conseiller du roi, grand maître des eaux et forêts de Bourgogne, Alsace et Bresse ». Au décès du père le 7 décembre 1803, le domaine de Fresnes près d’Authon dans le Loir-et-Cher a été vendu par ses 4 héritiers, dont François Joseph Emmanuel cité dans l’acte de sépulture de son père.

Nota : on peut considérer, compte tenu des dates de décès du père (1803) et de l’acquisition du château de Leugny (1806), que François Joseph Emmanuel s’est servi de son héritage pour acheter le château de Leugny.

Extrait de la généalogie ascendante de
François Joseph Emmanuel LEGRAND de MARIZY

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1809

Le 24 août 1809, Leugny est vendu à François de MONTROGNON de SALVERT, capitaine des dragons et ancien commandant de l’écurie de la reine Marie-Antoinette, et dame Angélique Victoire de VAUCANSON :

Extrait de la généalogie de François de MONTROGNON de SALVERT

Il a été maire de la commune d’Azay-sur-Cher de 1812 à 1816, année de son décès.

Au décès de François de SALVERT, le 9 janvier 1816, le château échoue à son fils Jean François de SALVERT, qui est nommé Ecuyer du roi Louis XVIII le 8 avril 1823.

Le château est cédé le 27 septembre 1823 à Hyacinthe DENNEMONT.

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1823

Le 27 septembre 1823 le château de Leugny est vendu à Hyacinthe DENNEMONT FURCY.

Originaire de l’Île de La Réunion, où il est né le 3 juillet 1782 à Saint-Paul, il a épousé Marie Elisabeth HIBON le 16 septembre 1805 à Saint-Leu (Île de La Réunion) ; lors du mariage, à 23 ans, il se déclare cultivateur.
Nous ne savons rien du parcours qui l’a amené en métropole. Nous le retrouvons, ainsi que son épouse, en Bretagne le 11 avril 1851 sur un acte notarié où il se déclare « docteur en médecine » et déclare habiter à Nantes, rue Tournefort.
C’est son acte de décès à Nantes, le 18 décembre 1863, qui précise son origine à l’Île de La Réunion.

Lors de la création du cadastre, après 1820, le château ainsi que les terres attenantes étaient propriété de « Dennemont Furcy à Leugny à Azay » :

Matrice cadastrale 3P3/168 folio 302 page 352/602

Sur la matrice cadastrale qui répertorie tous ses biens dans la commune, nous constatons qu’il est propriétaire de nombreuses terres. Le document ci-dessous n’en constitue qu’une petite partie ; nous retrouvons à :

  • la Bergerie (au nord du Cher) : terres, peupleraie, pâture et une maison, pour un total de 7 hectares,
  • la prairie de Leugny : prés et pâtures, pour près de 2 hectares,
  • des terres pour un total de plus de 30 hectares réparties dans plusieurs lieux : la Petite Bodine, les Sablons, les Patinières, les Petites Tailles, les Grands Champs, la Fosse Rigolet, la Perré du Roy, etc.

Par la suite d’autres biens seront rattachés par les propriétaires successifs.

La globalité des terres et demeures appartenant aux propriétaires du château de Leugny peuvent être retrouvées sur les matrices cadastrales de la commune :

  • En 1835 : Folio 302 en pages 252 à 254/602 de la matrice 3P3/168 (soit près de 110 parcelles).
  • En 1875 : Folio 1873 en pages 255 et 256/626 de la matrice 3P3/272. Elles correspondent essentiellement aux parcelles C800 à C831 au sud du Cher + 2 parcelles au nord (La Bergerie).

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1833

Monsieur Léopold QUATRE BARBES devient propriétaire du château le 14 septembre 1873. Il déclare avoir fait l’acquisition pour BIDAULT Noël François Ernest à Tours : l’enregistrement sur le cadastre, au nom de BIDAULT Noël François Ernest, est réalisé en 1835 (voir mêmes folios que ci-dessus).

En 1859 une « CN » (construction neuve) est déclarée sur la parcelle A1154 correspondant au lieu-dit « La Bergerie », parcelle située rive droite du Cher juste en face du château (construction aujourd’hui disparue).

BIDAULT Ernest fait réaliser des travaux entre 1865 et 1868 sur le château, parcelle C808 :

  1. 1865 : démolition (voir matrice 3P3/168 pages 28 et 30),
  2. 1865 imposable en 1868 : nouvelle entrée dans les matrices : « CN » (construction neuve) 3P3/168 page 168.

En 1869 une construction neuve est déclarée sur la parcelle C824 avec l’appellation « chalet ».

C’est, vraisemblablement, sous ce propriétaire que le nouvel aménagement, des parcs et jardins, a été réalisé.

Il décède à Tours au 9 rue de l’Archevêché (aujourd’hui rue Emile Zola), le 18 septembre 1870, sans descendance directe, et est déclaré célibataire.
Il laisse pour héritières de ses biens, sa mère Marie Pauline PETIT, et sa sœur Louise Pauline BIDAULT, baronne LIÉBERT de NITRAY, veuve de Charles Pierre Henri LIÉBERT baron de Nitray, demeurant à Tours place de l’Archevêché (jardin François Sicard depuis la création d’un square par Étienne BUHLER en 1863).

Le 10 juin 1871, Louise Pauline BIDAULT fit don du château de Leugny à ses enfants :

  • LIÉBERT Charles Antoine Joseph Edouard qui a épousé COSSIN Louise Claire Marie,
  • LIÉBERT Anne-Marie qui a épousé Arthur Pierre Marie Marquis de QUINEMONT.
Extrait de la généalogie MARQUIS de QUINEMONT / LIEBERT

Le château et les terres attenantes sont cédés en 1873 à M. MARTINPREY MENARD de CHOUSY. 

Relevés des matrices du cadastre dit « Napoléonien »

Nous retrouvons sur ce folio 1873 les propriétaires successifs du château jusqu’en 1882, date de la création des matrices de « propriétés bâties » :

  • MARTINPREY MENARD de CHOUSY général de division, gouverneur des Invalides à Paris,
  • BAZILLE de FRAMERY Frédéric-Eugène, entrepreneur en travaux publics,
  • ALVAREZ Émile,
  • DARASSE Henri Jean Aimé, industriel en produits pharmaceutiques

Matrice des propriétés bâties, créée en 1882 

Case 20 : 3P3/173 page 25/301
Cette matrice regroupe l’ensemble des bâtiments pour un même propriétaire, les terres restent sur les folios précédents ou repris par la suite.

Nous découvrons que, lors de la création, les biens immobiliers attribués au propriétaire étaient :

  • 1 château,
  • 2 maisons,
  • 1 chalet,
  • 1 bucher,
  • 1 chapelle,
  • 1 orangerie,
  • 1 écurie, remise,
  • 1 serre,
  • 1 hangar, sellerie.
  • 1 maison dans le bourg en 1911.

Le château est entré en 1882 dans cette matrice au nom de BAZILLE de FREMERY (ou FRAMERY) à Paris (3, rue Gounot, puis 22, rue Brochant – Paris XVIIe), cédé successivement en :

  • 1897 à ALVAREY Émile à Leugny (1897-1898) puis Paris (7, rue de Presbourg),
  • 1905 à BURNET Stears à Leugny (1907),
  • 1907 à DARASSE Henri Emile Aimé à Fontenay (24, rue de la Dame blanche).

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1873

Le 30 octobre 1873 le château est acquis par le Comte Général de MARTINPREY :

« Martinprey Menard de Chousy »

Folio 1873 de 3P3/171
Edmond Charles de MARTINPREY
Comte de Martinprey
Général de division
Gouverneur des Invalides

Né le 16 juin 1808 à Meaux (Seine-et-Marne), fils de Augustin Dominique Romain de MARTINPREY (1780-1869) et Angélique Françoise ROYER de CHOUSY (1787-1865).
Marié le 18 octobre 1848 en l’église de la Madeleine à Paris avec Louise MÉNARD de CHOUSY (1823-1889).

Admis à l’Ecole Militaire de Saint-Cyr le 16 novembre 1826, à l’Ecole d’Application de l’État-major le 1er janvier 1829. Détaché comme sous-lieutenant d’état-major au 11ème de Ligne le 31 janvier 1831, puis employé à la Carte de France du 1er avril 1832 au 12 mars 1834.

Nommé lieutenant d’état-major le 1er octobre 1831, détaché au 6ème Hussard le 12 mars 1834 et ensuite au 11ème de ligne le 12 septembre 1835, il fit les campagnes d’Afrique. Chargé du service topographique à Oran le 13 mai 1836, il devient capitaine le 16 décembre 1835, chef d’escadrons le 13 novembre 1842, lieutenant-colonel le 25 octobre 1836. Nommé chef d’état-major de la Division d’Oran le 31 août 1846.

Rentré en France, il fut nommé directeur du personnel et des opérations militaires au Ministère de la Guerre. Promu colonel le 10 juillet 1848, il fut nommé chef d’état-major général de l’Armée d’Afrique le 4 octobre 1851 et promu général de brigade le 15 août 1852. Le 17 janvier 1853, il reçut le commandement de la 1ère subdivision de la 14ème Division militaire de Bordeaux. Le 23 février 1854, l’Empereur le nomma chef d’état-major de l’Armée d’Orient. Promu général de division le 11 juillet 1855, il participa pendant l’hiver 1855 à 1856 au Conseil de Guerre présidé par le souverain lui-même.

Le 18 février 1857, commandant de la 19ème Division militaire de Bourges, puis le 13 novembre 1857. Le 13 avril 1859, aide major général de l’Armée d’Italie, il participe à la campagne dans l’état-major de l’Empereur. A la paix, le 17 août 1859, il reçut simultanément le commandement supérieur du 7ème arrondissement militaire, devenu 7ème corps de l’armée en Algérie et celui des forces de terre et mer en Algérie. Nommé sous-gouverneur et chef d’état-major de l’Armée d’Afrique le 16 décembre 1860, il fut chargé en mai 1864, après la mort du Maréchal de MALAKOFF, du gouvernement provisoire et intermédiaire de la Colonie.
Le 1er septembre 1864 il fut élevé à la dignité de sénateur par décret impérial et, le 19 septembre, il prenait le commandement de la 5ème division de Metz. Gouverneur de l’Hôtel des Invalides le 27 avril 1870. Au moment de la Commune, il fut arrêté et détenu à la Maison de la santé municipale Dubois, d’où il fut délivré par le Capitaine de CASTELNAU, futur glorieux général pendant la guerre 1914-1918. Le 27 mai, il reprenait son poste aux Invalides.

Mort à l’Hôtel des Invalides le 24 février 1883, il repose dans le caveau des Gouverneurs, situé sous le maître-autel de l’église Saint-Louis des Invalides. Grand-croix Légion d’honneur, Comte de MARTINPREY.

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1874

Le château a été acquis conjointement par le père, Eugène, et le fils Frédéric Eugène.

Extrait de la généalogie d’Eugène BAZILLE de FRAMERY

Le père BAZILLE Jacques Eugène, originaire d’une famille d’industriels fabricants de toile à Rouen, a changé son nom en y joignant celui de son épouse, de FRAMERY. C’est sous ce double nom, BAZILLE de FRAMERY, que nous le retrouvons sur les matrices du cadastre d’Azay-sur-Cher.

Le père et le fils devaient disposer d’une certaine aisance financière puisque nous les retrouvons actionnaires lors de la création de la « Compagnie du chemin de fer de Libourne à Bergerac » en 1863. C’est pour cette dernière qu’ils se sont vu adjuger 2 des 3 marchés.

Extrait du « Journal des chemins de fer »
et des progrès industriels en date du 01 janvier 1870

Un procès relayé par les gazettes de l’époque relate les demandes de dédommagement afin de récupérer les sommes engagées dans l’achat de matériel devenu obsolète du fait de la faillite de la compagnie.

C’est après ce revers financier, et la récupération de 300.000F engagés plus 100.000F de dommages payés par la compagnie, que nous trouvons le père et le fils acquéreurs du château de Leugny en 1875.

Extrait acte de décès de Frédéric Eugène
Paris XVII (1906, DECES, 17 – cote 17D 1587 page 26/31).

C’est à partir de cet acte de décès que nous avons pu reconstituer l’histoire relatée ci-dessus.

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1896

ALVAREZ Emilio, demeurant 7 rue de Presbourg à Paris (Info trouvée sur les matrices cadastrales) :

Né le 5 octobre 1847, fils de Juan Francisco ALVAREZ et Mathilde LALINDE, à Medellin, république de Colombie, « qui fut le berceau de celui qui a été appelé à être le père de la chirurgie au Salvador ».

Aujourd’hui immeuble de l’Ambassade de Brunei dans le quartier de l’Étoile à Paris

Il a commencé ses études de médecins à l’université de Medellin, où il a fait les deux premières années, et les quatre autres à Bogota. Il débute ses études avec brio et lucidité, mettant très vite en évidence ses extraordinaires capacités intellectuelles. Il possédait une mémoire prodigieuse, un esprit ouvert de recherches et d‘observations, et était passionné par sa carrière.
Il épouse Isabel Perez LALINDE (1821-1895) en 1872 à Medellin en Colombie. En 1883, le talent hors du commun du Docteur ALVAREZ lui offre la possibilité d’aller à Paris, nouant des relations avec des éminences médicales françaises.
Il s’associe avec son frère Juan Francisco RAFAEL le 19 décembre 1892 pour la création, en France, d’une société d’import/export (la famille ALVAREZ étant un important producteur de café au Salvador).

Le Mémorial diplomatique du 6 juin 1894
Bulletin diplomatique

Pendant l’administration du général Rafael Antonio GUTIERREZ (1894/1898), il fut consul du Salvador à Paris, où il a toujours essayé de répondre aux demandes des voyageurs ou résidents salvadoriens en cette ville.    

C’est aussi à cette époque qu’il achète, en plus de sa résidence à Paris, un château dans la région qu’il considère comme « le jardin de la France, pour ses beaux champs et ses forêts, ses belles rivières et ses châteaux féodaux (sic) ; Leugny était le nom de ce château situé à quelques kilomètres de Tours, sur les rives du Cher, avec ses beaux jardins, ses bosquets de peupliers, où la famille passait l’été. Tout près se trouvait la petite ville d’Azay-sur-Cher où la famille allait tous les dimanches à la messe dans une de ses grosses voitures tirée par des chevaux provenant des écuries de la propriété,  ».
(Extrait du livre de famille écrit par Carlos ALVAREZ)    

El doctor Emilio con sus hijas Isabel, Tulia y Matilde en Château Leugny 1896

Considéré comme le « père de la chirurgie au Salvador » et reconnu comme un des grands hommes de son pays, il décède le 1er août 1906 à San Salvador, victime d’un accident vasculaire cérébral. 

Vers 1898, un portique formant terrasse, soutenu par 4 paires de colonnes, fut installé devant le corps central de la façade nord. Ce portique fut supprimé en 1967, avec l’accord des Beaux-arts, les façades ayant été inscrites à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques le 29 mai 1962.

Leugny de Juan Francisco RAFAEL ALVAREZ, poète du Salvador (1860/1948)

Otra vez camino de Leugny
Yo vengo a avocar
A orillas del rio Cher
Recuerdos de mi infancia
Que nunca olvidarè
La mente se emotiona,
La vista se dilata
A la vista del paisaje
Que en mi infancia recorri
Alla lejos se divisa
El Castillo de Leugny
Et que un tempo y habitè
Al cuidado de aquel sabio
Que yo siempre venerè
Màs la suerta adversa quiso,
El destino del sete sabio destruir
Al abandonar aquel edèn
Que èl sonaba para su familia
Ser la fuente de salud
Y es por eso, que me alejo
Con el alma entristecida
De estros lares, tan queridos
Que yo un tiempo recorri

Une fois encore sur le chemin de Leugny
Je viens invoquer
sur les rives du Cher
Les souvenirs de mon enfance
Que je n’oublierai jamais
Mon esprit s’émeut,
Mon regard s’épanouit
à la vue du paysage
Qu’en mon enfance j’ai parcouru
Là-bas au loin se distingue
Le château de Leugny
Celui qu’à un moment j’ai habité
Aux bons soins de ce savant
Que j’ai toujours vénéré
Mais le sort a voulu
Détruire le destin de ce sage
En abandonnant cet éden
Qu’il avait rêvé pour sa famille
Être la fontaine de jouvence
C’est pour cela que je me suis éloigné
Avec le cœur attristé
de ces lieux tant chéris
Qu’un temps j’ai parcourus
(Traduction de Daniel Ballesteros juillet 2022)

L’auteur, frère d’Emilio ALVAREZ (1847/1906), revient sur les rives du Cher, évoque des sentiments où sont mêlés des souvenirs d’enfance et de son passage au château de Leugny. Deux nostalgies distantes dans le temps et l’espace, mais qui sont liées par la beauté de ces lieux respectifs, par les moments de bonheur vécus et la tristesse de ces deux séparations (de l’enfance dans son pays et du frère dans leur éden familial).

  • Le mot clé pour comprendre la première partie du texte est « avocar ». Au sens littéraire veut dire : invoquer, convoquer, appeler.
    Invoquer : solliciter une aide (auprès d’une instance supérieure comme par exemple invoquer les dieux)
    « Une fois encore sur les rives du Cher, je viens invoquer les souvenirs de mon enfance… que je n’oublierai jamais, mon esprit s’émeut, mon regard s’épanouit à la vue du paysage qu’en mon enfance j’ai parcouru… ».
  • J’ai remplacé « malchance », qui était une traduction littérale, par « le sort » (ce qui échoit à quelqu’un du fait du hasard, ou d’une prédestination supposée) ; Il s’agit peut-être tout simplement de la mort d’Emilio…
  • La référence à la fontaine de jouvence me semblait un terme exagéré, mais elle implique dans son esprit que ce bonheur pouvait être éternel et c’est là que le « sort » a frappé.
Extrait de la généalogie d’Emilio ALVAREZ

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1902

BURNETT STEARS John père : ingénieur civil né en 1811 en Angleterre.

En 1841, il obtient à titre personnel la concession de l’éclairage au gaz de la ville de Brest. Sa première expérience avait eu lieu à Saumur où il avait installé, depuis novembre 1839, l’éclairage urbain au gaz pour le compte de la Compagnie Générale et Provinciale du Gaz de l’Anglais Edmund Gilling Hallewell, implantée à Stoud dans le Gloucestershire.

Extrait de la généalogie de John BURNETT STEARS

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1906

Le 1er mai 1906 acquisition du château par la « famille DARRASSE » 

Extrait de la généalogie ascendante de Joseph DARRASSE

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M. Henri Jean Aimé DARRASSE, industriel en région parisienne, et son épouse Mme Charlotte LEROLLE acquièrent le château de Leugny, où ils venaient depuis des années en villégiature, à la belle saison, avec leurs enfants.

Ils achètent d’autres biens (*) sur la commune, que Mme Charlotte LEROLLE gèrera au décès de son époux.
(*) Voir dossier sur l’orphelinat et sur la salle paroissiale.

Extrait de l’Annuaire des châteaux et des départements – 1er janvier 1909
Archive commerciale de France
Journal hebdomadaire en date du 20 juillet 1910

C’est son fils Daniel, pharmacien à Paris et maire d’Azay-sur-Cher de 1959 à 1965, qui héritera du château.

Le château est aujourd’hui propriété du petit-fils, Joseph DARRASSE, qui a autorisé et contribué à la réalisation de ce dossier.

Étude sur les jardins et le parc du château de Leugny

Le plan issu du cadastre de 1820 fait apparaitre un jardin typique du « classicisme français » à la MANSART :

  • allées rectilignes en avant du château dans un parc s’inspirant des pratiques de l’époque,
  • jardin ordonnancé à l’arrière du logis, en avant du Cher.

Le plan issu du cadastre rénové de 1960 montre un parc et un jardin revisités suivant les pratiques des frères Denis (1811/1890) et Eugène (1822/1907) BUHLER, tel que théorisé par Edouard ANDRÉ (1840/1911) dans son livre.

Reconnus pour leur conception de parcs traités à la façon de grands paysages, ils composent des scènes, ouvertes et dissimulées, reliées par des allées spacieuses aux courbes très douces.
En bosquets, les arbres servent à encadrer des perspectives tandis que les plantations isolées attirent le regard pour leur intérêt botanique. L’une de leur spécialité correspond à l’engouement contemporain pour l’exotisme et les espèces acclimatées : séquoia, ginkgo biloba, cèdre, tulipier. Parmi leurs réalisations en Touraine, outre le château de Leugny, le jardin des Prébendes d’Oé, le parc du château d’Azay-le-Ferron, les jardins de l’archevêché de Tours et François Sicard, les jardins du château de Cangé à Saint-Avertin, le jardin du Musée des Beaux-Arts de Tours, et plus de 120 parcs et jardins en France.

 L’art des jardins – traité général de la composition des parcs et jardins par Edouard ANDRÉ paru en 1879 (document de 888 pages avec exemples).
En page 370 de ce livre nous trouvons dans le chapitre « Travaux d’exécution » au paragraphe « Entrées », il cite plusieurs exemples d’entrées de parc, dont celle du château de Leugny, et apporte la précision suivante :

Edouard ANDRÉ fait référence aux aménagements réalisés au milieu du XIXème siècle par les frères BUHLER, lesquels sont mentionnés à divers reprises dans son ouvrage. Nous notons, en particulier en page 86 de ce livre :

Ce tracé se retrouve effectivement dans l’ordonnancement du parc du château de Leugny :

Photo aérienne illustrant les techniques de création, en bosquets, des frères BUHLER

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Cachet d’Azay-sur-Cher à la date du 3 décembre 1913

Le château de Leugny est le cadre d’une nouvelle « Les mirages de la jeunesse » parue dans la revue littéraire « Le voleur illustré » en mars 1900 (revue hebdomadaire de la presse écrite française qui a paru du 5 avril 1828 au 5 décembre 1909).


Mes sources d’informations :

  • Chronologie des différents propriétaires de l’actuel château : M. Joseph DARRASSE,
  • Recherches cadastrales : les cadastres de la commune d’Azay-sur-Cher en ligne aux AD,
  • Recherches sur les familles de propriétaires : Gallica, base en ligne de la BNF (Bibliothèque Nationale de France), Bulletins de la Société Archéologique de Touraine, Le « Carre Busserolle », Base de données du CGDT, Geneanet, Archives départementales 37 – 75…, Archives communales d’Azay-sur-Cher,
  • Références du dossier : n° de dossier IA37005309, Date de l’enquête initiale : 2011, Date(s) de rédaction : 2011, Cadre de l’étude : inventaire topographique Canton de Bléré, Inscrit Monument Historique : PA00097551 en date du 29 mai 1962, Auteur(s) du dossier : Martine Lainé.
  • Livre de la famille Alvarez : « Los Alvarez recuerdos de una familia ».
  • Archives communales d’Amboise.

La présente étude, outre la participation au ChallengeAZ 2022, a servi pour des manifestations à Azay-sur-Cher à l’été 2022 :

  • Exposition lors de la manifestation « Folie’s culturelles » des 10 et 11 septembre au relai des berges du Cher, avec les 30 ans de l’Amicale Philatélique d’Azay-sur-Cher. Le château de Leugny a été choisi pour illustrer l’exposition des 30 ans de l’Amicale Philatélique avec édition d’un timbre ; un second timbre représente « Un futreau sur le Cher devant le château de Leugny », en relation avec le thème de l’exposition sur les Mariniers d’Azay-sur-Cher du XVIIème au XXème siècle.
  • Exposition lors des « Journées du Patrimoine » les 17 et 18 septembre à la salle Daniel Darrasse à Azay-sur-Cher (25, Grande rue).
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MARTIN
MARTIN
8 jours plus tôt

Quel énorme travail de recherches. Félicitations à Monsieur Claude CHRIST.