G comme Graffiti

Article rédigé par Catherine BAS-DUSSEAULX
du Centre Généalogique de Touraine

Depuis l’Antiquité, un lien exceptionnel unit la Loire et son réseau navigable et les Peuples de l’Eau. D’ailleurs n’appelle-t-on pas le marinier : « L’Homme des Chemins qui marchent » ?

Celui qui vit du fleuve installe sa famille sur ses rives, pose son coffre devant sa porte quand il ne navigue pas et perpétue à travers différentes manifestations culturelles, voire artistiques, un très puissant esprit de caste. C’est ainsi et afin que nul ne l’ignore qu’il va chercher à signaler sa présence et son appartenance à l’ensemble de son environnement social.

L’un de ses moyens de communication le plus utilisé sera alors ce que nous appelons aujourd’hui le graffiti.[1]

Un graffiti, mot d’origine grecque qui signifie indifféremment écrire, dessiner ou peindre, est une inscription portée sur un support non prévu à cet effet. C’est aussi un témoignage populaire, constituant un marqueur anthropologique, regardé comme une preuve de vie.[2]

Celui qui l’exécute est donc vivant, révèle un message et signale un lieu ou une situation.

Pour le marinier, le pêcheur, et tout ce qui vit de, par et sur l’eau, si leurs outils de travail sont une évidence pour tous, la demeure à terre par contre est anonymement intégrée dans le village. C’est donc par là qu’ils vont commencer leur itinéraire signalétique : une ancre, un bateau, gravés dans la pierre blanche[3] orneront le dessus de sa porte.

Et puis, partout où il passera et où, pour des raisons diverses, il souhaitera laisser sa trace, il déposera sa marque à la symbolique personnelle et intime.

Il ne cherche en aucune façon à reproduire la réalité, il exprime une émotion, un sentiment ou une sensation.

C’est pourquoi les graffiti sont partout : sur un coin de mur, sur le parapet d’un pont, sur une pierre d’amarrage et, bien entendu, sur les murs extérieurs et intérieurs des églises, sur le rebord d’un calvaire, sur une stèle de cimetière etc…


[1] BSAT 2020
[2] Wikipédia : Le Graffiti
[3] POIRIER J., « Un fleuve en 1840 », Albin Michel Jeunesse, 1985

3.5 6 votes
Évaluation de l'article
Partager via :
S'abonner aux commentaires
Me notifier des
guest
3 Commentaires
plus anciens
plus récents
Inline Feedbacks
View all comments
Christian PELLETIER
Christian PELLETIER
9 mois plus tôt

« Ces peuples de l’eau » sont d’autant plus fascinants qu’ils ont disparu; pas seulement un métier, mais un mode de vie. Merci pour cette restitution.

VAGNINI Hélène
9 mois plus tôt

bel article, merci. N’y-a-t-il pas la possibilité de demander à nos adhérents, de toute la Touraine et des bords de Loire, s »ils pourraient faire une petite recherche, en se promenant près d’un embarcadère ligérien, afin de voir s’il n’y verraient pas un de ces graffitti ?? HV

Patricia MACHET
Patricia MACHET
8 mois plus tôt

Pas en Touraine mais pas loin, on découvre une belle collection de reproductions de graffitis au musée de la Marine de Loire en Anjou situé dans l’église de Saint-Clément-des-Levées dans le Maine-et-Loire.