Les grands travaux de Tours au XIXème siècle

Article de Jacqueline JOUANNET (CGDT-126) paru dans le Touraine Généalogie n° 110 du 2ème trimestre 2017 (2ème partie).

Pendant la première moitié du XIXème, des changements importants sont apportés dans la topographie de Tours

En 1801, le 20 pluviôse, on pose la première pierre des quatre dernières arches du pont détruites pendant la débâcle de 1789 : elles sont terminées le 10 juillet 1810.

En 1805, les ruines de l’église Saint-Martin sont déblayées et on ouvre une rue désignée d’abord sous le nom de Pommereuil puis, plus tard, sous le nom de rue Saint-Martin. L’achèvement de la démolition de l’église Saint-Martin permet à l’adjudicataire, le citoyen MORNAN, de solliciter l’autorisation de construire des maisons sur son emplacement. Le conseil décide que cet emplacement sera divisé par lots et vendu à l’adjudicataire le 8 août 1807.
On aménage les bâtiments de l’ancien couvent de la Visitation pour y installer la Préfecture, qui s’agrandit jusqu’en 1807 par l’acquisition des bâtiments voisins.

En 1806, le portail Saint-Denis situé rue du Change est démoli.

En 1808 on achève la transformation de l’église des Cordeliers en salle de spectacle, qui sera détruite et reconstruite en 1870.

En 1809, la place Foire-le-Roi est prolongée jusqu’au quai par la destruction de maisons et de murs qui l’en séparaient.

En 1813 les murs fortifiés du vieux château sont abattus : on utilise une partie des matériaux pour bâtir les écuries de la caserne de cavalerie transférée ensuite sur le Champ de Mars en 1845.

L’ancien couvent des Récollets doit être aménagé pour servir de dépôt de mendicité, mais ce projet doit être abandonné car il faut loger des prisonniers de guerre. En 1815 l’établissement est occupé par le 4ème régiment étranger, la ville en fait l’acquisition et le transforme en caserne d’infanterie.

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Le quai des Trois Barbeaux

En 1815, sur le quai des Trois Barbeaux (quai du Pont Neuf), on construit une boucherie et une poissonnerie.

C’est de cette même année que date le plan général d’alignement des rues dressé par JACQUEMIN sur l’ordre de la municipalité. L’année suivante, cet architecte va acquérir, pour la somme de 200.000 francs, les bâtiments et jardins de l’Hôtel-Dieu sur la place de la cathédrale : il doit démolir et percer une rue de 10 mètres de largeur en face de l’église. On lui concède des portions de terrains vagues situés en face de l’archevêché et de chaque côté de la rue du même nom.

En 1818 on établit une levée pour resserrer le lit de la Loire au bout du boulevard Preuilly.

1819 : destruction du portail Saint-Venant qui gêne la circulation. Ouverture de l’impasse Saint-Libert convertie en rue.

1820 : destruction de l’ancienne machine hydraulique de Saint-Avertin qui servait à alimenter les fontaines de Tours.

1826 : suite à la vente de l’ancienne Intendance, la Bibliothèque communale est installée à la Préfecture.

1828 : le musée destiné à la peinture et à l’histoire naturelle est achevé, de même que les travaux de percement du canal de jonction du Cher et de la Loire.

Les bords du canal

Hospice général – le puits artésien

1829 : forage du premier puits artésien fait à Tours.
Suppression du portail dit de la Chancellerie situé rue de la Scellerie près de la rue du Cygne.

1831 : agrandissement de la Place de l’Archevêché par la suppression de 28 maisons formant un des côtés de la rue des Cordeliers (cette petite rue, très étroite et fort ancienne, prolongeait la rue de la Scellerie jusqu’au mur du Palais de l’Archevêché).

1834 : établissement d’un nouvel abattoir à l’extrémité occidentale de la ville près des bords de la Loire ; son ouverture a lieu le 15 juillet 1836.

1836 : reconstruction de la plus grande partie du Collège Royal sur l’emplacement de l’ancien séminaire. Ouverture des impasses Chaloineau, du Petit Pré et du Chardonnet.

1837 : une compagnie s’organise pour doter la ville d’un éclairage au gaz inauguré l’année suivante dans la rue Royale.

1838 : travaux de dessèchement de l’ancien canal désigné sous le nom de Ruau Sainte-Anne (la ville en avait fait la cession à l’Hôpital général le 14 février 1813, cession approuvée par le roi en 1817). Reconstruction d’une partie de l’hôpital général qui est restauré et agrandi.

1840 : abaissement des anciens remparts situés à l’entrée de l’avenue de Grandmont où se trouvait autrefois la Porte de Fer ; le nivellement de cette avenue nécessite la destruction de la double rangée d’ormeaux séculaires qui en faisaient l’ornement. Travaux d’endiguement de la Loire, réparation des nouvelles arches du pont dont la solidité laissait à désirer.
Commencement des travaux de construction du Palais de Justice, de la caserne de gendarmerie et du pénitencier. La dépense totale de ces travaux, terminés en 1843, s’élève à 1.590.000 francs : la ville de Tours y contribue pour la somme de 300.000 francs.
Ouverture de la rue des Cognées, prolongée jusqu’à la rue de l’Ancienne Poissonnerie.
Création de la rue neuve de Buffon à travers les jardins de la Préfecture aliénés en partie par le Conseil Général.

Vue générale du Jardin Botanique

1843 : établissement d’un jardin botanique en face de l’hôpital général, sur l’emplacement de l’ancien canal de communication entre la Loire et le Cher.

1844 : suppression des terrasses dites des Carmélites et de Saint-Julien, dont les terres servent à l’exhaussement des quais.

1845 : réunion à la ville de Tours de la commune de Saint-Étienne-Extra destinée à en doubler l’étendue : cette grave mesure, due à M. WALVEIN, produit une influence considérable sur le développement de la ville.
Construction d’une caserne de cavalerie à l’extrémité occidentale du Champ de Mars : ce nouveau quartier de cavalerie, désigné sous le nom de Caserne Modèle a été bâti aux frais de l’État et de la ville.
Construction du pont suspendu de Saint-Symphorien par les soins d’une compagnie d’actionnaires.

Saint-Pierre-des-Corps : le canal et les ateliers

Établissement de la gare de chemin de fer de Paris à Orléans : on en facilite l’accès en faisant une large coupure dans les remparts du mail (cette imprévoyance occasionnera l’inondation de la ville en 1856), et la création d’une gare supplémentaire dite « de bifurcation » construite à Saint-Pierre-des-Corps, au détriment de la commodité des voyageurs partant de Tours.

1846 : agrandissement du Collège Royal.
Création de deux rues parallèles à la gare de chemin de fer désignées sous les noms de rue de Paris et rue de Nantes.

1847 : changement de distribution et réparations dans les salles du Musée ; la ville consacre 42.000 francs à ces travaux.

Sources :
Histoire de la Ville de Tours (GIRAUDET) – Edition Culture et Civilisation Bruxelles
Collection privée cartes postales Pierre BAS

gallica.bnf.fr / Bnf

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