
Article de Catherine ROUQUET
et Guy ROUSSEAU
du Centre Généalogique de Touraine
L’un des premiers signalements de la truffe se situerait selon certains vers 1600 ans avant notre ère. Bien plus tard, le philosophe grec Théophraste (372-287 av. JC) raconte avoir observé un végétal dépourvu de racines. Au XIVème siècle, dès 1344, des manuscrits de gastronomie et des planches mycologiques décrivent avec encore plus de justesse ce champignon surprenant. Toutefois ce n’est qu’au début du XIXème siècle, en 1811, qu’un dénommé Joseph Talon, paysan et champignonniste à Saint-Saturnin-lès-Apt dans le Vaucluse, a une idée : planter des chênes dans l’espoir d’y récolter des truffes domestiquées. Les premières truffières étaient créées…
Les variétés de truffes
Il en existe une trentaine de variétés et huit d’entre elles ayant un intérêt sur le plan gustatif, mais la plus savoureuse est sans aucun doute la Tuber Melanosporum dite truffe du Périgord.
La truffe, qui est un champignon appartenant à la famille des ascomycètes, a deux particularités : celle d’être souterraine et celle de vivre en symbiose avec un arbre. Ce champignon est mycorhizé, ce qui veut dire qu’il a besoin d’un arbre hôte et saprophyte car il se nourrit de matières organiques, de végétaux en décomposition.
Le cycle de la Tuber Melanosporum commence au printemps, entre avril et juin, et dure neuf mois. Elle grossit pendant l’été et parvient à maturité pendant l’automne. Elle commence à se récolter dès les premières gelées de novembre et ce, jusqu’à la fin février.
Les truffes peuvent être arrondies, irrégulières ou lobées. Elles sont enfouies dans le sol à une profondeur de 5 à 30 cm. De taille variable, leur poids moyen varie entre 20 et 100 g. Elles peuvent toutefois atteindre les 500 g. Le record de la plus grosse truffe jamais trouvée est de 10,5 kg.









Dans le Richelais
La trufficulture était florissante il y a moins d’un siècle. Ainsi on commercialisait jusqu’à 20 tonnes de truffes en 1882 sur le marché de Richelieu, place des halles à la tombée de la nuit. Le marché durait une demi-heure. On raconte même que, dans les années 1920, un habitant logeant sur la place intenta un procès, se déclarant fortement incommodé par l’odeur des truffes les jours de marché. On s’arrachait les plus beaux lots qui prenaient la direction de Paris via courtiers et grossistes. La production française atteignit les 2000 tonnes en 1889. Une époque bénie pour les nombreux vignerons reconvertis en trufficulteurs après l’abandon des vignes détruites par le phylloxéra ; une époque pendant laquelle se construiront, dans toute la contrée, de superbes maisons édifiées grâce à la fortune amassée rapidement par ces « nouveaux riches » du Richelais. C’est à la fin du XIXème siècle que la cité du célèbre cardinal connaîtra ses plus gros marchés truffiers, tradition déjà soulignée par Balzac dans César Birotteau : « Devant le foyer à charbon de terre, le feu dorait une omelette aux truffes ». La trufficulture a vu le jour en terres rabelaisiennes entre Loudun dans la Vienne et Chinon en Touraine, au lieu-dit du Grand-Ponçay vers 1790.

Une famille de trufficulteurs : les MONNIER
(cliquer sur la pastille jaune pour agrandir la généalogie)


Sources :
– truffesdemarigny-marmande.com
– revue « Nos Ancêtres, vie et métiers » n° 45
– revue « Magazine de la Touraine » n° 13 et 101
– cartes postales Collection AD37
Bel article qui met l’eau à la bouche, 10kg pour une truffe c’est super , nous avons 2 chênes truffiers d’une dizaine d’années mais toujours rien au pied ….. même quelques grammes nous suffiraient.
bonne journée