D comme Disparus

D comme Disparu : le moulin de Véretz
Article de Patrick CHARRON, adhérent du Centre Généalogique de Touraine.

D comme Disparus : les moulins d’Azay-sur-Cher
Étude réalisée en 2020 par Claude CHRIST, adhérent du Centre Généalogique de Touraine et membre du Grand Cercle.

Le moulin de Véretz

Depuis les temps préhistoriques, afin d’améliorer sa nourriture, l’homme a broyé les graines dont il se nourrissait. Au départ, c’est sa propre énergie qu’il utilisait. Le rendement étant assez faible et le travail fatigant, il pensa à faire moudre les différents produits (blés, fèves pour la nourriture, mais également terres, plantes pour la pharmacie, pour la teinture, etc.) en utilisant la force animale. Voulant toujours augmenter la production, il se tourna vers deux nouvelles sources d’énergie que  sont le  vent  et l’eau. Ces deux technologies ont permis un développement économique important et ce, jusqu’au XXIème siècle, avec les moulins produisant de l’électricité que sont les éoliennes.
Le mécanisme de broyage de ces deux types de moulins était sensiblement le même, et celui du captage de l’énergie totalement différent. Si la Coutume de Touraine de 1460 impose le moulin à eau, celle-ci ne sera pas forcément respectée, la production demandant plus de moulins et les cours d’eau ne pouvant être davantage sollicités à cause du droit de ban qui ne permettait pas la construction d’un autre moulin dans les 2000 pas à partir de la roue. On a donc construit des moulins à vent. Plusieurs paroisses de Touraine en possédaient, comme celui de Bodé à Montlouis, de Leugny à Azay-sur-Cher, d’Aigremont à Bléré.

A Véretz, nous ne connaissons aucun moulin à vent. Par contre, l’existence de moulins à eau est confirmée par les archives.
Pour avoir un moulin à eau, il faut un cours d’eau perpétuel et, excepté pour les moulins bateaux, l’on doit installer un déversoir (barrage dont la hauteur permet soit de laisser passer de l’eau, soit de la retenir suivant la saison) et un vannage de décharge (vanne permettant de régler la quantité d’eau passant au moulin).
La roue du moulin à eau est généralement, et surtout dans nos régions, verticale, alimentée par en-dessous. Au XIIIème siècle, 73 % des moulins de notre province étaient alimentés de cette façon. Ces roues sont dénommées roues à aubes. Elles équipent les chutes d’eau moyennes et basses et leur rendement varie de 20 à 60 %. Ce rendement est plus faible que celui des roues à augets, utilisées dans les moulins alimentés par au-dessus qui ont des chutes d’eau importantes (plus de 2,50 m). L’axe de cette roue fait tourner l’ancêtre de l’engrenage en renvoi d’angle, alors formé d’un rouet équipé d’alluchons (picots cylindriques faisant fonction de dents horizontales) et d’une lanterne (petites cages dont les fuseaux sont les dents verticales), la lanterne entraînant l’axe de la meule tournante.

Le moulin

Le moulin sous les ducs d’Aiguillon en 1771. Forbes, musée d’Agen

Il semble que le vieux moulin, qui a donné son nom à un hameau de Véretz, avait déjà disparu en mars 1628, mais il était peut-être toujours en service ou son souvenir était encore vivace en janvier 1522, quand Jean de La BARRE passe un marché d’un nouveau moulin banal, à blé, avec Estienne GALEBRAIN et Pierre GADIER, maîtres maçons de Tours, pour la somme de trois mille livres tournois.

Cadastre napoléonien. Le bras nord de l’île est barré. Le déversoir est à la pointe de la parcelle n° 2104. Au bout du duit (digue) parcelle n° 2102 coté du port, le pertuis, passage des bateaux. Entre ce même duit et le moulin, le vannage de décharge (AD37).

Le moulin sera construit attenant à l’île, en face du château, au niveau de ce qui deviendra plus tard l’extrémité ouest des communs. Ce sera un moulin arche, sur le modèle de celui de Ballan construit par Jacques de BEAUNE, baron de Semblançay est-il spécifié dans l’acte. Il fera quatre toises, deux pieds de large pour huit toises de long, soit 8,4 m par 15,6 m approximativement. Les illustrations nous montrent une architecture semblable, mais nous ne savons pas s’il était, comme celui de Ballan, un moulin pendant, mais cela est fort probable. Ces derniers sont équipés d’un système de réglage de la hauteur de la roue hydraulique afin de l’ajuster au niveau d’eau pour optimiser le rendement.

Les deux maçons devaient également construire le barrage, dont certaines parties étaient des digues et d’autres, comme les pertuis (passage dans la digue, pour les bateaux par exemple), maçonnées. Le bras nord de l’île était complètement coupé par la digue, dont nous pouvons encore voir pendant les trop longues périodes de chômage les pieux qui en faisaient l’assise. Cette digue, de par sa construction (plus de 1,6 m par rapport à l’étiage), faisait qu’elle imposait le niveau d’eau minimal pour le fonctionnement du moulin en période de basses eaux. Nous ne savons pas si, au cours du temps, la chute d’eau a été modifiée, mais en 1845 elle n’était que de 0,35 m.

Les meuniers disposaient d’un logement qui, suivant les époques, était situé attenant au moulin ou dans l’île. Ils disposaient également d’une écurie (anciennement on ne distinguait pas le logement des chevaux et celui des bovins et le terme écurie était générique), d’une boulangerie, d’un tait à porcs (soue à cochons), d’un poulailler. Ces animaux pouvaient divaguer à l’aise dans l’île jusqu’en 1834. A cette date, le préfet autorise alors la construction d’une digue, reliant le côté droit du Cher à l’île, supportant un chemin d’approvisionnement en blé. Quelques temps plus tard, suite à des plaintes, cette digue sera remplacée par un pont de bois.
Sous l’Ancien régime, les meuniers disposaient également de terres dans la plaine de l’Aubray (entre le Cher et le Filet) et du Clot, réserve à poissons maçonnée dans le bras nord de l’île.
Tout disparaîtra ou presque (restent les soubassements du moulin, les pieux d’arrimage de la digue, les ruines des constructions sur l’île) suite à l’expropriation de 1845 lors de la canalisation du Cher.

Aujourd’hui

les périodes de chômage du Cher nous permettent de voir les soubassements du moulin ainsi que les restes du barrage, notamment les restes des pieux des fondations de la digue. Le niveau du Cher, régulé par les nouveaux barrages de Roujou et de Larçay, était suffisant pour que la navigation des bateaux ne soit pas gênée par les fondations du moulin.
Dans l’île (propriété privée), il ne reste que quelques pierres des bâtiments qui ont été abandonnés après la destruction du moulin.

Vue des soubassements du moulin prise en amont

Les propriétaires

Ils étaient, jusqu’à la Révolution, les barons de Véretz.

Jean de La BARRE (1494) x Marie de La PRIMAUDAYE
C’est lui qui, le premier, portera le titre de baron de Véretz. C’est également lui qui fera reconstruire l’église et le château et, en dernier lieu, le moulin. Ce personnage était un proche du roi François 1er qui l’avait honoré du prestigieux titre de comte d’Étampes. À son décès, il semble que la baronnie soit divisée en quatre. Si ses filles reçoivent une partie, il n’est pas certain que son fils Antoine, archevêque de Tours, en ait reçu une. Comme vu ci-dessus, c’est en 1522 qu’il fait bâtir le moulin banal.

Partage de la terre de Véretz entre :

  • François de Courtenay (1527) x Marguerite de La Barre
  • Jean d’Estouteville (1559) x Anne Denise de La Barre
  • Jean de Varie (1564) x Renée de La Barre

Puis on trouve leurs héritiers :

  • Pierre de Varie fils du précédent (1570) x Renée de Prie de Buzançais
  • Paul de Couhé de la Roche Aguet (1595) x Denise de Varie
  • Jonathan de Thianges (1595) x Charlotte de Varie

Les héritiers finissent par vendre en 1595 et la baronnie est reconstituée : Pierre de FORGET de Fresnes (1610) x Anne de BEAUVILLIERS. Une fois encore, il n’y a pas d’héritier direct, et la baronnie est de nouveau partagée à la mort de Pierre FORGET. Mais les choses ne se passent pas bien, car il avait eu avant son mariage une fille illégitime, Marguerite, certainement avec une cousine. Anne de BEAUVILLIERS fait valoir ses droits sur la seigneurie de Véretz et, avec les autres héritiers, s’oppose au testament de Pierre en faveur de Marguerite. Les sœurs de Pierre FORGET héritent chacune d’une part. Ce sont respectivement :
– Jeanne FORGET x Jean IV de La BARRE de La BEAUSSERAYE
– Marie FORGET x Jean du FAULTRAY
– Anne FORGET x Guillaume Besnard de REZAY
– Françoise FORGET x Pierre de GIRARD, sieur de Saint-Traboude.

Puis ce sont leurs enfants et petits-enfants :

  • Adam de La BARRE de La BEAUSSERAYE
    xa) Marie COCHELIN – xb) Geneviève de RENAUD
  • Claude de La BARRE, abbé de Portron
  • Jean de La BARRE
  • Jeanne de La BARRE x Charles ROSEL
  • Marie de La BARRE x Jacques BONNEAU
  • Eugénie de La BARRE x Roland de MACÉ
  • Marc du FAULTRAY
  • Marie du FAULTRAY x Edme d’ARGY de MESVRES
  • Louise du FAULTRAY x Louis II Le BLANC de la VALLIÈRE
  • Pierre Besnard de REZAY
  • Jacob de GIRARD
  • Charlotte Le BLANC x Julien CHALOPIN de la BOISDERIE
  • Louise Le BLANC, veuve de Gilles (Gilbert) des ROCHES de GENNETEUIL
  • Geneviève Le BLANC x Laurent RENARD de COURTEMBLAY
  • Jean PHILBERT x Marie POULIN (il était fils de Jean Philbert et de Marie de La BARRE)

La  terre de Véretz ainsi éclatée, il sera difficile de la réunir. C’est pourtant ce qu’entreprend, en achetant tour à tour les parts de chacun, Denis Bouthillier de Rancé (1637) x Charlotte Joly.
Leur fils, Denis François Bouthillier de Rancé (1640) meurt jeune, sans alliance. Véretz revient à ses parents, qui cèdent l’ensemble à leurs deux autres fils : Armand Jean Bouthillier de Rancé dit l’abbé de Rancé (1660) et Henry Bouthillier de Rancé.
Quand Armand décide de se retirer à la Trappe, il vend ses biens. Son frère Henry, ne désirant pas garder Véretz, ils vendent la baronnie. 
Deux personnes se portent acquéreurs de Véretz en indivision : ce sont Jean Coeffier de Ruzé d’Effiat, dit l’abbé d’Effiat (1698), et Armand Charles de La Porte de La Meilleraye de Mazarin (1713) x Hortense Mancini.

Au début, c’est surtout l’abbé qui est à Véretz et fait faire des travaux au château. Le duc de Mazarin rachète ensuite la part de l’abbé.
– Armand de Vignerot du Plessis Richelieu (1730) x Marie Charlotte de La Porte Mazarin, leur fils,
– Armand Louis de Vignerot d’Aiguillon (1750) x Anne Charlotte de Crussol, leur fils,
– Emmanuel Armand de Vignerot d’Aiguillon (1775) x Louise Félicité de Bréhan Plélo, leur fils,
– Armand Désiré de Vignerot d’Aiguillon (1800) x Jeanne Hennriette de Navailles.

A la Révolution, l’ensemble des biens du duc d’Aiguillon ont été alors saisis et vendus comme Biens nationaux. Le moulin en faisait partie.

Les propriétaires après la Révolution

Le moulin ne fait pas exception et sera vendu le 24 floréal an IV de la République (13 mai 1796) à François Guillaume POYARD, demeurant à Tours, pour la somme de 18 187 livres 14 sols et 2 deniers. Ce dernier n’était nullement meunier et avait donc laissé le moulin en fermage. Il est surtout connu pour avoir, à cette période, acheté le château du Grand-Pressigny.
Le 29 floréal an VIII (19 mai 1800), Jacques TOUCHARD, meunier, achète le moulin pour la somme de 8 000 francs.
Il revend aux frères Jean et François ESNAULT, le 3 janvier 1808, la moitié du moulin. Le 2 juillet de la même année, c’est 154 ares de terre et de prés de la plaine de l’Aubray qu’il vend aux deux frères. François Esnault n’étant plus intéressé par l’exploitation en indivision de cette moitié de moulin, les deux frères décident de partager leurs biens. François prend les terres de l’Aubray et Jean garde la partie du moulin. L’autre moitié du moulin avait été achetée par François BURON, beau-frère de Jean Esnault.
Ce dernier achète le 10 mai 1819 à François BURON et à son épouse Julienne PAILLARD leur part du moulin et permet de reconstituer la propriété.

Le 19 novembre 1827, Jean et sa femme font donation de leurs biens à leurs cinq enfants. Le moulin est de nouveau partagé en deux et ce sont Jean le jeune et son frère Louis qui sont en indivision. Ils ont chacun leurs meules et exploitent alternativement le moulin.
Ce sont eux qui ont fait faire la digue sur le bras nord du Cher pour permettre un accès direct avec les terres des varennes.
Ce sont également eux qui sont forcés de vendre le moulin à l’État, le 7 février 1845, lors de la canalisation du Cher.

Les mariniers, dans leur lutte séculaire contre les meuniers, sont cette fois favorisés. Pour améliorer le trafic sur la rivière, les ingénieurs ont décidé de supprimer certains moulins, et pour cela des barrages. Celui de Véretz étant situé sur une île, avec une chute d’eau relativement faible, fait partie des sacrifiés. Le moulin, le petit îlot côté sud du déversoir de sécurité et le barrage furent rasés afin de permettre aux bateaux de passer librement.

Plan établi lors de la demande de permis de construction d’une digue A entre les Varennes et l’île. En B le déversoir.
Remarquez le bâtiment attenant au moulin, inexistant sur le plan cadastral.

Sources
Renumar. AD 37, 3E1/27 Transcription Idelette Ardouin et Jérôme Salmon. Acte du 23 janvier 1522 ; marché pour la construction du moulin.
AD 37 E147  E148  E152
AD 37 E58
AD 37 S4676  S4760
CGDT dépouillement actes BMS de Touraine
Raoul Guichané « Les moulins hydrauliques en Touraine ». Actes des congrès de la Société d’archéologie médiévale
– Patrick Charron « Nobles et notables de Véretz » CGDT


Les moulins d’Azay-sur-Cher

La commune d’Azay-sur-Cher était essentiellement habitée au XVIIIème et XIXème siècles par des vignerons. Avant la crise du philoxéra, vers 1880, plus de 55 % des habitants se déclaraient « vigneron ». En 1830, sur les 2172 hectares de terre de la commune, 514 étaient plantés de vigne soit près de 25% de la surface totale.
Il existait cependant 1127 hectares de terres labourables permettant la culture de divers produits, dont des céréales. Comme dans de nombreuses communes, les céréales étaient transformées en farine sur place et, contrairement à nos jours, c’est la farine qui était transportée vers le client final. Il y avait donc nécessité de disposer de moulins dans chaque commune.

La datation de la création des différents moulins n’a, à ce jour, pas été trouvée. Nous pouvons cependant, à partir des éléments présentés, estimer qu’ils étaient déjà existants au XVIIIème siècle.

Tableau d’assemblage du cadastre de 1830 (source AD37)

L’ étude entreprise a permis d’identifier 4 moulins sur la commune :

Moulins à vent

Tous les deux ne semblent pas avoir d’activité au XIXème siècle et seraient constitués uniquement des vestiges de moulins ayant fonctionné sous l’Ancien régime :

  • Moulin au lieu-dit « le Moulin à vent »
    Sur la carte de Cassini réalisée vers 1750, il apparaît sous la forme d’un petit pictogramme. Nous le trouvons également sur la carte de Choiseul sous la dénomination de « moulin de Leugny », ce qui laisse supposer qu’il appartenait au propriétaire du château éponyme. Sur la carte du cadastre réalisée vers 1830 il figure (parcelle C585), mais seule la dénomination du lieu fait référence à un moulin : il n’était déjà plus en activité puisque, sur les matrices, on ne trouve pas la dénomination « moulin » mais « tour ». Cette tour existe encore de nos jours.
  • Moulin au lieu-dit « puit d’Abas » (aujourd’hui Puy d’Abbas)
    La seule trace sans ambiguïté est celle figurant sur les données cadastrales de 1830, où le moulin est nommé et positionné (parcelle E817). Il appartenait, au moment de la création du cadastre vers 1830, à François PERRIGAULT, maire de la commune de 1807 à 1812. Nous ne trouvons pas d’élément permettant de préciser son état à cette date, mais sa démolition en 1843 laisse supposer qu’il ne fonctionnait plus au XIXème siècle.

Moulins au fil de l’eau

Ils étaient tous les deux situés sur le ruisseau aujourd’hui appelé La Douve qui, venant du plateau au-dessus de Véretz, coulait sur notre commune à partir du « Puits d’Abbas » , en passant par « les Augers » et « La Gitonnière » et se jetant dans le Cher au niveau de la place Besnard. Sur son cours, ce ruisseau est parsemé de petits étangs servant de stockage et de régulation du débit d’eau. Il est probable que les volumes d’eau étaient plus importants à l’époque du fonctionnement des moulins qu’aujourd’hui.

  • Moulin de la Gitonnière
    Son existence est attestée depuis la création du cadastre vers 1830 (parcelle B465). Le moulin était situé en partie basse de la propriété. Le dernier meunier l’ayant utilisé est GUIET Étienne qui a fait faire des travaux en 1892, ce qui laisserait supposer qu’il n’était pas en état de fonctionnement avant. C’est lui qui sera également le dernier propriétaire, puisqu’il revend ses biens de La Gitonnière à la société « DUBOIS Armand et PAILLAUD Eugène » en 1907 ; ces derniers transforment les locaux en « laiterie ». Cette laiterie, avec plusieurs dizaines d’employés, fonctionnera jusque vers 1960.
  • Moulin des Carnaux
    Situé à l’extrémité nord de l’allée de l’abbé Guillot. Seule l’habitation attenante est aujourd’hui visible ; la roue du moulin se trouvait à l’emplacement d’un auvent visible depuis l’allée. Le bief qui alimentait le moulin se trouve sous l’actuelle allée et a été comblé lors de la création du réseau de tout-à-l’égout. C’est au travers de l’histoire d’une famille de « meusnier », les BRECHOT qui ont fait fonctionner le moulin sur 3 générations, que l’on remonte vers 1750. Par la suite il est passé entre plusieurs propriétaires meuniers, en particulier la famille MIRAULT dont Auguste se déclarait « meunier et boulanger » vers 1880. C’est en 1918 que l’appellation moulin disparaît des matrices du cadastre (pictogramme de la roue sur la parcelle B127 et maison sur la B128 du cadastre napoléonien).
Azay-sur-Cher vers 1780 : carte dite du « Duché de Choiseul »
Moulin des Carnaux
Azay-sur-Cher vers 1750 : extrait de la carte de Cassini
Moulin d’Abas – Moulin de la Gitonière – Moulin de Leugny

Les propriétaires

Recherches développées à partir des matrices du cadastre créées pour la commune d’Azay-sur-Cher à partir de 1827 pour retrouver les propriétaires successifs des bâtiments.

Le moulin à vent de Leugny

  • Est mentionné DENNEMONT FARCY, propriétaire de plus de 100 parcelles et bâtiments (bâtiments et terres environnantes du lieu-dit « Moulin à vent » seront cédées en 1874).
  • 1868 : acquisition des bâtiments situés au « Moulin à vent » par Étienne BUORD fils.
  • 1890 : construction nouvelle (la « tour » devient « maison »).
  • 1902 : vente de la maison du moulin à vent à Gaston de LAUVERGEAT, propriétaire du « château du Côteau ». La maison sera cédée en 1915 à Georges de la FONTAINE, nouveau propriétaire du « château du Côteau ». Cette parcelle sera à nouveau vendue en 1949 à Rio Louis LAUNAY, qui cèdera à son tour en 1955 à Octave ROGUET PERRET.

Le moulin à vent du Puy d’Abbas

  • Le premier propriétaire sur la table de l’état des sections est François PERRIGAULT PIAU.
  • Entre 1832 et 1833 la totalité de ses biens est cédée à différents acquéreurs, dont une très grande majorité à BLOT VALLÉE, négociant à Tours, et PERRIGAULT PIAU enfant.
  • 1833 : vente du moulin.
  • 1837 : vente de la totalité des parcelles encore détenues à Étienne PERRIGAULT ROUILLER et à Silvain ROUILLER PERRIGAULT, tous deux vignerons, qui conserveront leurs biens jusqu’aux années 1880.
  • 1843 : le moulin est en démolition.
  • en 2020, il ne reste aucune trace visible du moulin.

Le moulin de la Gitonnière

  • 1830 : Jules d’HAUTEVILLE
  • 1831 : Jean Baptiste Joseph JACQUIERS de NOYELLES
  • 1835 : Frédéric Casimir Désiré Joseph LECOQ de la FONTAINE
  • 1862 à 1864 : Jean-Baptiste François CHAMBELLAN
  • 1864 à 1876 : PAGEOT de JUVIZY de MONTFERRAND
  • 1876 à 1880 : Marie Denis Gabriel BOURGAIN
  • 1880 à 1882 : Marie LAFON RENAUME

Le moulin des Carnaux

  • Comte CLÉMENT de RIS, pair de France.
  • 1843 : Mlle Clémentine CLÉMENT de RIS TORTERAT, puis en 1846 Clément de la RONCIÈRE LENOURY.
  • 1854 : moulin et maison à François ESNAULT, meunier à Nitray puis, à partir de 1855, Jean ESNAULT RENARD, meunier à Saint-Martin-le-Beau.
  • 1857 : Pierre MIRAULT BOURNAIS, garçon à Azay-sur-Cher (maison et moulin). En 1881, père et fils travaillent comme « meunier » dans le moulin.
  • 1885 : Auguste MIRAULT DESOUCHES, meunier boulanger au bourg.
  • 1885 : Jean ALARY DUVEAU le Jeune (canal d’alimentation du moulin).
  • 1886 : Constant HARDOUIN BOURNAIS (moulin et maison sans sols).
  • 1912 : Marcel BOURDON MIRAULT.
  • 1918 : André VORANGER MAUCHORT acquiert l’ensemble ; la désignation « moulin » disparaît.

Les meuniers

Recherches développées à partir des archives paroissiales et de l’état civil d’Azay-sur-Cher pour retrouver les meuniers ayant exercé sur la commune.

Au moulin à vent de Leugny

  • Étienne BUORD fils

Au moulin de la Gitonnière

Les propriétaires successifs ainsi que plusieurs ménages sont recensés entre 1861 et 1886, sans révéler de « meunier ».

  • 1886 : Émile GUIET DENIAU est mentionné comme vigneron à Rochecave, puis meunier à La Gitonnière (dont il deviendra propriétaire par la suite).
  • 1896 : 6 familles sont recensées dont GUIET Étienne (arboriculteur) et GUIET Aimable Étienne (meunier).
  • 1901 : plus que 4 familles recensées, celle du « meunier » a disparu du lieu-dit.
  • 1906 : sur cet état apparaît la nouvelle fonction des bâtiments où réside BOUCHAUD Dominique, fromager, et 5 autres familles de cultivateurs.

Au moulin des Carnaux

  • François BRECHOT ou BERCHOT et sa femme Françoise BOURNAIS (le père de François était également meunier, ainsi que son fils François Martin). La famille BERCHOT a été « meunier » de <1750 à >1815, soit plus de 65 ans. La localisation « dans le bourg » sur les actes permet de les situer au moulin des Carnaux.
  • Pierre Grégoire MIRAULT et sa femme, Modeste BOURNAIS
  • Pierre Auguste MIRAULT et sa femme, Adèle Charlotte DESOUCHES
  • Philéas Charles HARDOUIN et sa femme, Adèle BOURNAIS
  • Marcel BOURDON et sa femme, Marie MIRAULT

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Gironde2
1 année plus tôt

Quel magnifique travail de recherches, très complet et bien détaillé.

Moreau Catherine
Moreau Catherine
1 année plus tôt

Très bel article, très riche, merci

BOULINGUEZ Franck
BOULINGUEZ Franck
1 année plus tôt

Magnifique article ! Bravo Patrick.
La ferme située sur l’île et attenante au moulin n’a été détruite qu’en 1946. Je vais retrouver mes sources pour confirmer…