
Article d’Évelyne LÉTARD
présidente du
Centre Généalogique de Touraine
Le four à chaux (ou chaufour) est une catégorie de four à calcination dans lequel on transforme le calcaire en chaux par calcination et, accessoirement, où l’on cuit la céramique.
Le chaufournier est, dans la production de la chaux vive, l’ouvrier conducteur du four à chaux. Par extension il en désigne l’exploitant.
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Extraits du Larousse du XXème siècle de Pierre LAROUSSE
CHAUX [chô] n. f. (lat. calx). Protoxyde de calcium formant la base d’un grand nombre de pierres, telles que le marbre, la craie, la pierre à plâtre, la pierre à bâtir, la pierre à chaux, etc. La chaux s’obtient par la calcination, dans des fours spéciaux, de la pierre à chaux.
- la chaux vive est le produit direct de la calcination du calcaire
- la chaux hydratée (ou chaux) : chaux vive que l’on a mouillée, ce qui la fait tomber en une pâte d’une grande finesse et d’un blanc très pur
- la chaux éteinte (ou chaux) : chaux hydratée que l’on a laissée refroidir
- la chaux délitée (ou chaux amortie) : chaux qui, grâce à l’eau de l’atmosphère, s’est réduite en poussière
- la chaux aérienne, ou chaux grasse, est un composant de base de mortier en très faible partie argileux
- la chaux hydraulique : chaux qui jouit de la propriété de se durcir dans l’eau
- la chaux grasse : celle que le contact de l’eau fait augmenter de volume et qui s’hydrate largement
- la chaux maigre : elle dont le volume n’augmente pas dans les mêmes circonstances
- la chaux-ciment : chaux maigre qui, réduite en poudre, a la propriété de durcir sous l’eau, sans addition de corps étrangers
- le lait de chaux : chaux éteinte étendue d’eau, qui sert à blanchir les murs, à chauler les arbres, etc.
- l’eau de chaux : eau qui contient de la chaux en dissolution et qui est administrée dans les gastrites infantiles

1. Four primitif – 2. Four à calcination intermittente à courte flamme – 3. Four à calcination continue à courte flamme – 4. Four à calcination intermittente à longue flamme – 5. Four à calcination continue à longue flamme
Les fours sont constitués d’une cuve (ou chaudière) pour la calcination, d’un gueulard (pour charger la pierre et le charbon pour les fours à calcination continue, et d’une bouche (ou gueule de défournement ou bouche de foyer).

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Extraits des Leçons élémentaires de Chimie à l’usage de l’enseignement secondaire des jeunes filles de MMles B. BUSSARD et H. DUBOIS
La chaux vive s’extrait des carbonates de calcium ou pierres calcaires (craie, marbre, calcaire grossier, pierre lithographique ; on emploie de préférence la craie qui a peu de valeur. Il suffit de la chauffer à haute température pour que le gaz carbonique s’en dégage et laisse la chaux vive.
On chauffe les pierres calcaires dans un four spécial, dit four à chaux : ce four est en briques réfractaires, il a 3 ou 4 mètres de hauteur.
On le remplit de pierres calcaires et on allume des foyers placés latéralement à la base. La chaux cuite s’écoule par une ouverture ménagée à la partie inférieure, tandis que l’on produit de nouvelles pierres calcaires à la partie supérieure.
On conserve la chaux dans un endroit sec.
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Pour fabriquer de la chaux, il faut de la craie, du calcaire : la carte géologique ci-dessous permet donc de découvrir tous les cours d’eau qui ont creusé la plateforme de craie en Touraine et permis l’installation de sites de production. Également présentes les forêts fournissant le bois pour la calcination de la chaux.
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Quelques implantations de fours
Autres communes et lieux-dits figurant dans le Dictionnaire géographique, historique et biographique d’Indre-et-Loire et de l’ancienne Province de Touraine
de J.-X. CARRÉ de BUSSEROLLE – 1880
- Le Four, commune de La Celle-Guenand
- Le lieu du Four, commune de Channay : ancien fief relevant de Rillé
- Le lieu du Four, près de Psé, commune de Marigny
- Le lieu du Four-à-Chaux, près de la Poterie, commune de la Celle-Guenand
- Le Four-à-Chaux, commune de Chemillé-sur-Indrois
- Le Four-à-Chaux, commune de Courcelles
- Le Four-à-Chaux (ou Four-à-chaux-de-Livernière), commune du Grand-Pressigny : elle fut vendue nationalement, le 8 thermidor an IV, sur Gilbert de Voisins, émigré
- Le Four-à-Chaux, hameau commune de La Croix
- Le Four-à-Chaux, commune de Loché
- Le lieu du Four-à-Chaux, près des Places, commune de Neuilly-le-Brignon
- Le lieu du Four-à-Chaux, près de l’Étang-Régis, commune de Preuilly
- Le Four-à-Chaux, commune de Rochecorbon
- La Fontaine du Four-à-Chaux, près des Places, commune de Saint-Jean-Saint-Germain : ses eaux se jettent dans le ruisseau de Sennevières
- Le Four-à-Chaux de Marolles, commune de Genillé
- Le Four-à-Tuile, commune de Betz
- Le lieu de Four-Bigot, dans les landes du Ruchard, près de la fosse Tesnière, commune d’Avon
Sources :
– BnF Gallica
– Larousse du XXe siècle en six volumes. Tome 2/ publié sous la direction de Paul Augé – Auteur du texte : Pierre LAROUSSE (1817-1875) – BnF Gallica
– Leçons élémentaires de Chimie à l’usage de l’enseignement secondaire des jeunes filles – MMles B. BUSSARD et H. DUBOIS – 1898 – BnF Gallica
– Fours à chaux, Tuileries, Briqueteries, en Touraine de Jacques THOMAS – 2005 (disponible à la bibliothèque du Centre Généalogique de Touraine








Bel article intéressant mais quel rapport avec l’eau ?
Merci pour cette excellente explication, mais vous n’avez pas cité le four à chaux de Bléré ? Cordialement