W comme WASHINGTON et le marquis de La FAYETTE

Article rédigé par Evelyne LÉTARD, Secrétaire Générale du Centre Généalogique de Touraine.

Marie-Joseph-Paul-Yves-Roch Gilbert du MOTIER marquis de La FAYETTE (ou LAFAYETTE) est issu d’une branche cadette de la famille MOTIER de La FAYETTE. Il naît au château de Chavaniac (Puy-de-Dôme) le 6 septembre 1757 et sera élevé par ses tantes et sa grand-mère à la mort de son père.
Son père, Michel Louis Christophe du MOTIER marquis de La Fayette, colonel aux Grenadiers de France, meurt en Westphalie le 1er août 1759, tué par un boulet de canon. Sa mère, Marie Louise Julie de La RIVIÈRE, se retire à Paris où elle meurt le 3 avril 1770.

Le 11 avril 1774, Gilbert du MOTIER épouse Marie Adrienne Françoise de NOAILLES, un mariage arrangé. Ils auront 4 enfants : Henriette (1776-1778) – Anastasie (1777-1863) – Georges Washington de La FAYETTE (1779-1849) et Virginie (1782-1849).

1776 – George WASHINGTON
par Charles Willson Pealse

Épris de liberté, il traverse les océans pour défendre les intérêts des États-Unis d’Amérique aux côtés de George WASHINGTON.
Nommé major général aux États-Unis d’Amérique, La FAYETTE joue un rôle décisif aux côtés des Américains dans leur guerre d’indépendance contre le pouvoir colonial britannique. Sa place symbolique en tant que trait d’union entre les Américains et la France lui vaudra d’être surnommé le « héros des deux mondes » et de devenir l’un des huit citoyens d’honneur des États-Unis.

La FAYETTE a-t-il évoqué avec WASHINGTON son patrimoine tourangeau ?…

La FAYETTE sera en 1789 aux premiers rangs des acteurs de la Révolution française, co-rédacteur de la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen, promoteur de la cocarde tricolore, puis à nouveau sur le devant de la scène au moment de la Révolution de 1830.

Il meurt le 20 mai 1834 dans sa 77ème année au 6 rue d’Anjou-Saint-Honoré à Paris. Les deux chambres du Congrès américain lui décerneront les mêmes honneurs funèbres qu’au président George WASHINGTON.


Mais revenons à nos moulins et aux propriétés lochoises du marquis de La FAYETTE...

Le 20 avril 1754 Julie-Céleste de BARBERIN, comtesse de La RIVIÈRE, meurt : elle laisse une fille mariée au comte de Lusignan-Lezé et trois petits-enfants. A la liquidation de sa succession faite à Paris le 7 février 1760, la baronnie du Fau-Reignac est abandonnée aux trois petits-enfants en pleine propriété pour les remplir des 304 592 livres, 12 sols, 1 denier leur revenant comme héritiers par moitié, par représentation de leur mère Julie-Louise-Céleste de La RIVIÈRE décédée, épouse de Joseph-Yves Thibault-Hyacinthe marquis de La RIVIÈRE et fille aînée de la comtesse de La RIVIÈRE ; le reste sera indivis entre eux et leur tante la comtesse de Lusignan-Lezé.
Ces 3 petits-enfants de Julie-Céleste de BARBERIN étaient Louis-Henri de La RIVIÈRE (qui mourut fin 1760), François-Yves de La RIVIÈRE (qui fut tué à l’armée l’année suivante) et Louise-Julie de La RIVIÈRE (veuve de Michel-Christophe-Roch du MOTIER, marquis de La FAYETTE). Cette dernière se trouva, après le décès de ses frères, seule héritière de la baronnie du Fau-Reignac, comme le constate un acte du 12 novembre 1773, acte qui constate également que Marie-Joseph-Paul-Yves-Roch du MOTIER de La FAYETTE était seul héritier de sa mère.

En 1789, La FAYETTE était donc seul propriétaire des terres de Reignac, Chanceaux et l’Épinay, et co-propriétaire des terres groupées autour de Chédigny, la Folaine, Azay, le Breuil, Fontenay et Armançay avec son cousin Henri-Hugues marquis de Lusignan-Lesé, fils de Julie-Blandine de La RIVIÈRE seconde fille de Julie-Céleste de BARBERIN :

La plupart de ces propriétés étaient louées en baux généraux :

  • l’Épinay à J. DELAUNAY pour 2.008 livres ;
  • Chanceaux à J-B. DREUX pour 2.007 livres ;
  • l’ensemble des groupes de Armançay, le Breuil et Fontenay (sauf les ferme et moulin de la Luzière) étaient loués à Martial LECLAIR pour 8.420 livres ;
  • Chédigny, la Rebêcherie, l’Aubrière, la Saulaie, la Civrie, la Petite Hubaudière et le moulin de la Rochette à J. SAGET pour 2 750 livres ;
  • la Folaine, Norsay, la Gazillère, la Jarrye, l’Augerie et une partie de la Cour d’Azay à J. SUZOR pour 2.500 livres ;
  • tous les autres biens étaient administrés directement par Louis François TEXIER-OLIVIER, intendant du marquis de La FAYETTE : il demeurait au château de Reignac et louait séparément les fermes et les moulins ou vendait les coupes d’herbes et de bois sur pied.

Tous les paiements étaient faits à Louis François TEXIER-OLIVIER, sauf LECLAIR qui payait directement à MORIZOT, intendant des affaires du marquis.
Les revenus de ces biens, y compris les droits seigneuriaux, les rentes foncières et féodales et les dîmes inféodées, s’élevaient pour ceux propres à La FAYETTE à environ 11.000 livres desquelles il faut retirer les charges (3.000 livres) et y ajouter les ventes d’herbe des prés non loués, de bois et de vin, ce qui devait faire 16.000 livres net environ ; quant aux biens indivis, leur revenu brut s’élevait à 25.000 livres, les charges à 3.500 livres, ce qui devait bien faire en y ajoutant les ventes de récoltes, 32.000 livres net dont la moitié (soit 16.000 livres) ajoutées aux revenus des biens propres faisait 32.000 livres de revenu pour le marquis de La FAYETTE en Touraine.

Le 15 octobre 1773 La FAYETTE cédait le moulin de la Luzière contre une rente foncière. Le 14 février 1792, il vendait toutes les propriétés qui avaient constitué la baronnie du Fau et qu’il possédait en propre, pour 370.000 livres payables en assignats : dans cette transaction Reignac était estimé 242.000 livres ; Chanceaux 60.000 livres et l’Épinay 68.000 livres. Un ancien hôtel, qui avait périclité à cause du changement du chemin d’Espagne, ne fit pas partie de la vente : il était à ce moment occupé par Louis BRETONNEAU, chirurgien, et destiné à servir d’hôpital (c’est certainement cet hôtel qui fut vendu nationalement le 19 floréal an II avec les biens indivis).

En 1792, les propriétés indivises furent saisies et vendues comme biens d’émigrés, quelques fermes furent vendues en un seul lot mais la division fut la règle des ventes :


Sources :
– Wikipédia
– Lafayette, Chemins de Vie (Conseil Général Haute-Loire – été 2007)

– Bulletin 1976 de la Société Archéologique de Touraine (article de Bernard BIENVAULT)

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VAGNINI Hélène
1 mois plus tôt

Quel bel article sur Lafayette… et quel titre : »le héros des deux mondes »… et qui à sa mort en 1834, reçoit des deux Chambres du Congrès américain les mêmes honneurs funèbres qu’au Président Georges Washington…
Les temps ont bien changé…
HV

DUPUY Dominique
DUPUY Dominique
1 mois plus tôt

TRES INTERESSANT ET PASSIONNANT …. MERCI

François Guyard
François Guyard
1 mois plus tôt

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32 000 livres = 363 334,28 euros